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Joseph Marie Gustave Gautherot est né le 29 mars 1880, à 8 heures du matin, à Pierrefontaine (Doubs).

Son père, Philippe Just, est juge de paix au tribunal de Dôle (Jura). Il meurt à l'âge de 40 ans, laissant 6 enfants âgés de 6 à 15 ans que son épouse, Marie Joséphine, élèvera seule.

Gustave Gautherot fait ses études au collège de Dôle, puis à Dijon, et enfin à Paris où il obtient une licence en droit (il prêta serment d'avocat à la Cour d'Appel de Paris) et un doctorat ès-lettres à seulement 27 ans !

Le 24 février 1907, il épouse, à Ceffonds (Hte Marne), Eugénie Thévenin. Deux filles naquirent de cette union, Marie-Thérèse née en 1909, et Geneviève née en 1919.

La carrière militaire de Gustave Gautherot commence le 14 novembre 1901 à Besançon, au 60° régiment d'infanterie. Licencié ès-lettres, il a bénéficié de l'article 23 de la loi du 15 juillet 1889 qui l'a dispensé d'être appelé un an plus tôt, lui permettant ainsi de poursuivre ses études.

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Il suit le peloton des dispensés à Langres, est nommé caporal au 109° RI de Chaumont le 12 août 1902, et obtient le certificat d'aptitude au grade de sous-officier de réserve le 18 septembre 1902. Il est nommé sergent le 28 mars 1903, sous-lieutenant de réserve au 29° RI d'Autun le 6 juin 1906, et sera promu lieutenant de réserve, toujours au 29°, 4 ans plus tard, le 6 juin 1910. Il se rend fréquemment à Autun pour poursuivre son instruction militaire, et noue de nombreux contacts avec les officiers d'active et les hommes du régiment.

 

 

Entre temps, en 1908, il enseigne l'Histoire au collège Stanislas à Paris, où il a comme élève Charles de Gaulle, puis, en 1909, il devient le premier titulaire de la chair de la Révolution Française à l'Institut Catholique de Paris.

Le samedi 1er août 1914, il quitte sa résidence de Fontenay-aux-Roses, en banlieue parisienne, gagne Paris, et le lundi 3 août il s'embarque pour Autun où il arrive le lendemain à 7h30.

Il se voit proposer le commandement de la 32° compagnie de dépôt, compagnie chargée de la formation des réservistes et des jeunes recrues. Eloigné du front, il piaffe d'impatience et n'a de cesse de demander à rejoindre le 29° RI sur le théâtre des opérations. Il obtient satisfaction et quitte Autun le 16 novembre 1914, non pas pour rejoindre son régiment, mais l'état-major de la 32° brigade, composée du 29° RI et du 13° RI de Nevers. Il s'est rapproché du front mais ne se trouve pas encore au contact de l'ennemi. 

Il arrive à Commercy le 19 novembre, puis atteint St Agnant, siège de l'état-major de la 32° brigade. Il se voit confier la rédaction du JMO de la brigade.

Le 22 mai 1915 voit enfin ses désirs se réaliser : il est nommé commandant de compagnie, quitte la 32° brigade et rejoint le 29° RI à Sorcy où il cantonne. Le colonel Perrin, qui commande le 29°, lui annonce qu'il prend le commandement de la 11° Cie; il en devient le 7° commandant depuis le début des hostilités.

Le 7 juillet 1915, Gustave Gautherot et sa compagnie regagnent le secteur de la Tête-à-Vache, en forêt d'Apremont, qu'il avait quitté le 23 juin après 3 semaines éprouvantes. Alors qu'il inspecte la zone que sa compagnie doit tenir, un obus éclate tout près de lui, tuant son agent de liaison. Le lieutenant Gautherot, blessé à la tête et au thorax par une quinzaine d'éclats, continue de diriger ses hommes. Il finit par se laisser conduire au poste de secours où, après l'avoir examiné, le médecin ordonne son évacuation vers l'hôpital de Commercy. Il sera cité à l'ordre de la I° Armée.

Il part en convalescence à Grenoble, puis obtient une permission, passée à Paris entre le 24 août et le 9 septembre.

Entre le 10 septembre et le 24 décembre, il occupe un poste d'instructeur au dépôt du 29° RI à Autun; le temps lui paraît long, il veut retourner au font.

Le 22 mai 1915, son souhait se réalise, il apprend qu'il est réaffecté au 29° en qualité de commandant de la 11° compagnie.

21 février 1916, la bataille de Verdun commence. Le 29° RI sera engagé à diverses reprises dans cette épouvantable bataille.

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Gustave Gautherot est nommé capitaine le 30 mars, à titre temporaire tout d'abord, puis à titre définitif le 28 octobre suivant. Le 5 novembre, il est proposé pour suivre les cours d'officier d'état-major. Sa candidature acceptée, il quitte le 29°, le 17 novembre, et rejoint le Centre d'Instruction d'Etat Major de Senlis le 20 novembre. Il en sort en mars 1917, affecté au 2° bureau de l'état major de la V° Armée.

Le 16 avril, l'offensive sur le Chemin des Dames est déclenchée. Au poste qu'il occupe, rédacteur du "Bulletin de Renseignements de l'Armée", Gustave Gautherot en suit l'évolution et rédige les notes, signées par le général commandant la V° Armée, qui seront ensuite diffusées aux corps d'armées, divisions, régiments.

Le 2 mai, il écrit "nous sommes ravis de l'arrivée de Pétain au sommet. Nous avons enfin un homme" !

Le 31 mars 1918 : "Foch devient généralissime franco-anglais : enfin !Il a l'occasion de gagner son bâton de Maréchal".

Le 2 septembre, il est détaché en Syrie. Il quitte Paris le 28 septembre et arrive à Beyrouth le 18 octobre. Il y reste jusqu'en juin 1919.


Revenu à la vie civile, Gustave Gautherot entame une carrière politique; il devient sénateur de Loire Inférieure le 16 octobre 1932. Il le restera jusqu'en 1941.

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Il s'éteint le 24 février 1948, chez sa fille à Paris.

Gustave Gautherot est Chevalier de la Légion d'Honneur, titulaire de la Croix de Guerre avec palme, de la médaille de la Victoire, de la médaille commémorative de la Grande Guerre.

Il a été cité à l'ordre de la I° Armée le 1° août 1915 : "le 7 juillet, a fait preuve, en plusieurs circonstances, du plus grand courage et du plus grand mépris du danger. Toujours avec ses hommes aux endroits les plus périlleux. A été blessé grièvement au cours d'un violent bombardement".

Gustave Gautherot est l'auteur de nombreux ouvrages, notamment sur la période révolutionnaire, dont 4 ont été couronnés par l'Académie Française.

 

Merci à Madame de Lajudie, fille de Gustave Gautherot, à Mesdames Davy et Galmiche-Zeller, petites filles de Gustave Gautherot, pour les documents et photos qu'elles m'ont communiqués, pour les renseignements qu'elles m'ont fournis, et pour l'autorisation qu'elles m'ont donnée de les faire paraître ici.