Le 29° régiment d'infanterie dans la Grande Guerre

20 novembre 2012

Août/septembre 1914 : la bataille des frontières, la bataille de la Mortagne.

L’entrée en guerre : un mois d’août meurtrier !

 

Delaunay_3Le régiment, sous le commandement du colonel Delaunay se met en route le 6 août 1914. Il comprend 3345 hommes et 188 chevaux, qui quittent Autun, par voie ferrée, à 2h08 pour l’Etat-Major et le 1° bataillon, jusqu’à 12h48 pour le 3° bataillon, en direction des Vosges, où va se retrouver l’ensemble du 8° corps d’armée auquel appartient le 29°.

Le 9 août, un peu avant 22h00, le régiment se prépare à quitter son cantonnement à la verrerie de Portieux (Vosges). Le médecin aide-major de 2° classe André Pélissier se tue en tombant de cheval. Il est le premier mort du régiment.

Les premiers ennemis, des Uhlans, sont aperçus le 12 août près de Sainte Pole en Meurthe et Moselle. Des hommes du 3° bataillon ouvrent le feu, et tuent ou blessent trois Allemands. Le 2° bataillon est soumis à des tirs d’artillerie qui ne font qu’un blessé à la 10° compagnie, les obus éclatant trop haut.

Il fait une chaleur insoutenable.

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Le commandant Aubert informe le colonel Delaunay de la mort d’un réserviste à la 11° compagnie, victime d’un coup de chaleur, et de l’état alarmant, pour les mêmes raisons, d’un caporal. Il signale l’état de grande fatigue de ses hommes, éprouvés tout à la fois par ces fortes chaleurs et par les 2 journées, « très dures » qui viennent de s’écouler. « Ils auraient besoin d’être ménagés pendant 24 heures pour se trouver à même de fournir un effort sérieux ».

 

 

 Le 13 août, le régiment est au repos à Fontenoy-la-Joûte où il avait reçu l'ordre, la veille, de se rendre "par le chemin le plus court".

A 15h15, le général Maud’huy200px_Maud_huy, qui commande la 16° DI, annonce qu’une offensive aura lieu le lendemain.

Un peu plus tard, le colonel Marié, commandant la 32° brigade, informe le colonel Delaunay qu’un habitant de Herbévillers, chassé de chez lui, a signalé que le village, que doit atteindre le 29° le lendemain, est occupé par 150 cavaliers allemands environ. La veille, 12 août, le village était encore occupé par 2 régiments de cavalerie et 1 régiment d’infanterie bavaroise.

 

 

Vendredi 14 août

A 3h00, l’ensemble du 8° corps se met en route avec comme objectif l’enlèvement de Domèvre. Cet objectif est atteint à 14h40.

Le 29° RI progresse jusqu’à Herbévillers qu’il atteint sans difficulté à 10h00, et où il installe son poste de secours régimentaire.

A peine arrivé, le 1° bataillon (de Belenet) reçoit l’ordre de se porter à l’attaque avec Domèvre comme objectif. La formation Projet2de combat est prise à 10h25, avec les 2° et 3° compagnies en première ligne. La marche en avant s’exécute tout d’abord sans difficulté, mais à 11h00, les 2 compagnies sont prises sous un violent feu d’infanterie, et à 11h30, la 3° compagnie est stoppée par des tirs provenant d’un bosquet situé à 1500 mètres de Domève, et subit des pertes sensibles. Tous les efforts faits pour dégager cette compagnie restent vains jusqu’à l’entrée en scène de la 8° compagnie qui dirige une attaque à la baïonnette sur le bosquet ; L’ennemi se retire avant la prise de contact. Dans son rapport, le chef de bataillon fait état de 18 morts, 40 blessés et 3 disparus au cours de cette attaque.

Pelleport

 

 

A la 8° compagnie, un homme fait l'admiration de tous. Wladimir de La Fite, marquis de Pelleport, mais familèrement appelé Comte de Pelleport, s'est engagé au 29° RI, à l'âge de 59 ans, dès la mobilisation générale. Lors de cette attaque sur Domèvre, il entraîne toute la compagnie derrière lui en criant en avant, et en s'élançant sus à l'ennemi. Les Allemands s'enfuient, il les poursuit avec son capitaine et ses camarades. Le soir, il est nommé soldat de première classe.(faits et écrits rapportés par M. Talmeyr dans Portraits de la Belle France).

 

 

 

 

 

 

 

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A 11h00, le 1° bataillon marche à l’attaque de la lisière sud du bois des Prêtres, au nord de Domèvre. Il est stoppé vers 11h45 par des coups de feu venant de l’est. Le 2° bataillon (Méhu), situé plus au sud, au bois Banal, vient en appui du bataillon Belenet et oblige l’ennemi à se retirer dans le bois des Prêtres.

A 12h30, le général commandant la 16° division décrit la situation : « en face de Domèvre, un bataillon du 29° est arrêté à 700m à l’ouest de la localité, et ne peut progresser. Il va recevoir l’appui d’un autre bataillon du 29° et de 2 groupes de l’artillerie divisionnaire ».

Le service de santé de la division signale que les combats sont intenses, faisant de nombreux tués et blessés de part et d’autres !

La progression peut reprendre en direction de Domèvre, que le régiment traverse à 15h00, pour prendre aussitôt la direction de Verdenal où il bivouaque pour la nuit.

A 14h40, le général Maud’hui peut écrire : « Domèvre est en notre possession ».

A 19h45, la division est informée que la région de Blamont est occupée par le 1° corps bavarois, le 7° corps de cavalerie prussienne et la division de cavalerie bavaroise. Quelque temps après, le colonel commandant la 32° brigade adresse un message aux unités placées sous son autorité : "on prendra les armes demain au lever du jour".

Le 29° reçoit l’ordre, pour cette journée du 15 août, de déboucher de Domèvre par la sortie est à 4h00. il est à la disposition du général commandant la division, la compagnie 8/3 du génie lui est rattachée.

A l’issue de cette première journée de combat, le 29° enregistre 20 tués, 46 blessés (environ 40 seront évacués) et 4 disparus.

Samedi 15 août 

La division poursuit son offensive en direction du nord-est, avec comme premier objectif la prise des hauteurs de Blamont. Le régiment est scindé en 2, les 1° et 2° bataillons sont mis à la disposition du général commandant la division, le 3° bataillon est mis à la disposition de la brigade pour participer à la prise du château de Sainte-Marie, au nord de Blamont, avec le 13° RI.

Les différentes unités progressent sans difficultés, l’ennemi s’étant replié. A 16h30, le 29° franchit la frontière, les poteaux sont jetés dans la rivière, il est en territoire ennemi, et il cantonne le soir à Richeval (Moselle) avec l’état major de la brigade.

Wladimir comte de Pelleport écrit à son épouse depuis le domicile du maire de Richeval :"nous avons passé la frontière hier soir à 17h00, et arraché le poteau aux couleurs allemandes. Il pleuvait à torrents..."

Un très fort orage s’abat sur toute la région en fin de journée, et redouble d’intensité au cours de la nuit.

                    

 

Dimanche 16 août

Il pleut. L’ennemi est remonté plus au nord, dans la région d’ Héming. Le 29°, toujours dans le secteur de Richeval, surveille la partie droite vers Hattigny. Toute la journée il subit les assauts de l’artillerie lourde allemande.
A 8h25, le commandant Aubert (3° bataillon) dit occuper les objectifs prescrits, mais il est sans nouvelle de la compagnie Jordan (9° Cie) « qui semble s’être perdue ».

A 16h45, le colonel commandant la brigade adresse un message au colonel Delaunay : « les distributions n’arrivant pas à temps, on pourra réquisitionner dans les villages occupés. On y trouvera un peu d’avoine et de blé, du sucre et du café, des pommes de terre dans les champs qu’on pourra arracher et faire cuire, et de la viande en quantité suffisante ». Dans un autre message, il demande « qu’on examine, dès aujourd’hui, les ponts pour s’assurer qu’ils ne sont pas minés, Inspecter les cantonnements pour s’assurer qu’il n’existe pas de téléphones ni de télégraphe souterrains, ni d’appareils de TSF, ni de pigeons voyageurs. Faire annoncer par les maires que les habitants qui garderaient des moyens de communication avec l’ennemi seraient passibles de la peine de mort ». Il annonce enfin que le génie détruira les repères de tirs.

Le service de santé divisionnaire assure que l’état sanitaire des troupes reste satisfaisant, mais note un état de fatigue croissant chez les hommes, s’expliquant par des marches répétées par des températures élevées.

Les pertes de cette journée sont de 1 mort, 1 disparu et 1 blessé.

 

Lundi 17 août


carte1Le 29° se dirige vers Aspach (1° et 2° bataillon), et un peu plus au nord à Landange (3° bataillon). L’ennemi continue de se dérober vers le nord, et, à 11h45, la division est avisée que les Allemands ont évacué Héming. Ordre est donné d’occuper les positions évacuées par l’ennemi.

Ecoutons de nouveau le comte de Pelleport depuis Aspach :"un régiment entier s'est rendu, le 109°, colonel en tête. Nous avoons pris 19 camions automobiles superbes, une auto de luxe avec 4 officiers allemands...nous marchons sans arrêts..."

 

Mardi 18 août

L’ennemi poursuit sa retraite, facilitant ainsi la progression du 8° corps qui arrive devant Sarrebourg, défendu par des positions qu’il faut enlever d’assaut.
 
Le 29° RI occupe la ferme St Hubert, la lisière nord du bois de Rinting.
A 5h30, le 1° bataillon (de Belenet) quitte Aspach et rejoint l’ensemble du régiment à Landange à 6h10. Il quitte Landange à 7h00, et à 14h00, il est désigné pour être réserve de brigade.
A 11h30, le régiment reçoit l’ordre d’appuyer l’action du 95° RI,  désigné pour attaquer Sarrebourg, en dirigeant 2 compagnies sur Hoff, et 2 sur la station de Sarrebourg.

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 C’est le 2° bataillon (Méhu) qui assurera ce soutien.

 

 

A 14h45, le colonel Delaunay reçoit l’ordre du commandant de la 32° brigade de se défendre sur les positions tenues, et « de ne pas soutenir les compagnies de Hoff » « contentez-vous de les recueillir ». Il ajoute « l’opération de Sarrebourg n’est qu’une opération accessoire à laquelle le commandant de corps d’armée ne veut pas consacrer plus de troupes qu’il n’en a désigné ».
En conséquence, à peine arrivé à Hoff (15h45), le commandant du 2° bataillon reçoit l’ordre de ne pas quitter sa position sans nouvel ordre. Acquiescement du commandant de Belenet qui ajoute « nous restons, mais alors où sont nos sacs et nos chevaux ? Je préfèrerais avoir tout mon bataillon » faisant allusion aux 2 compagnies parties en reconnaissance. Il signale n’avoir devant lui que de l’artillerie « les fantassins ont battu en retraite ».
Nos troupes pénètrent dans Sarrebourg vers 15h30. Les habitants réservent un accueil chaleureux à nos soldats, mais ils les mettent en garde contre une possible contre offensive ennemi dont les effectifs, tant en hommes qu’en canons, sont très nettement supérieurs aux nôtres. Le lieutenant Jacques Péricard, du 95° RI, écrit que « la retraite allemande n’est qu’une ruse, destinée à nous amener sur des emplacements de combat choisis par eux »
A quelques kilomètres au delà de Sarrebourg, le 8e Corps va se heurter à de nouvelles positions sur lesquelles sont accourus de nombreux renforts allemands. L'artillerie lourde ennemie s'est installée sur les hauteurs qui dominent la Sarre.

 

Mercredi 19 août

L’offensive se poursuit, l’objectif de la journée pour la division étant les hauteurs de la rive droite de la Sarre. Le 29°, partant de la lisière nord du bois de Rinding, doit se porter sur le bois de Etzerwald, et pousser des reconnaissances sur Sarraltroff.

L’ordre préparatoire d’attaque est donné à 6h15 par le général commandant la 16° DI.

A 7h30, le 1° bataillon est à l’arbre du Haut Clocher, et le 3° à la pointe nord de Oberwald. Le 2° bataillon est en réserve, mais fournit une compagnie en soutien d'artillerie; tout au long de la journée, il est pilonné par l'artillerie ennemie sans pouvoir répondre (64 hommes mis hors de combat, dont 5 tués).

Très vite la 1° compagnie, qui se dirige vers Sarraltroff est prise pour cible, à 08h45, par l’artillerie ennemie, puis les autres compagnies à tour de rôle, « on dirait qu’un signal indique le tir à faire » écrit le chef de bataillon de Belenet (un téléphone serait caché dans une ferme, au dessus de laquelle se tient un ballon captif). La 1° compagnie se replie dans le bois voisin de Sarrewald où elle reste qu'au lendemain à 10h30, quand elle est déplacée pour protéger la retraite de 2 autres compagnies du bataillon (3° et 4°).


A 8h20, le régiment occupe le bois de Etzerwald (3° bataillon, qui signale qu’il voit des fantassins ennemis s’enfuir), et vers 9h00, il arrive à hauteur de la route Hoff-Dolving, et apprend que Dolving est occupé par l’ennemi, bientôt chassé du village par un bataillon du 227° RI.
Le 29° peut alors reprendre sa marche en avant, et vient s’établir face à la Sarre (1° bataillon). Le commandant de Belenet dit ne voir en face de lui « que de l’artillerie ennemie sur les côtes de la Sarre ».
La liaison avec le 3° bataillon n’a pas encore été réalisée, et le commandant du 1° bataillon demande des ordres « puis-je marcher de l’avant, ou stopper, ou tirer sur l’artillerie ennemie ? »
A 12h05, il envoie un agent de liaison auprès du 3° bataillon porteur de ce message « je suis à la lisière du bois de Sarre, on ne me signale devant moi que de l’artillerie ennemie, je suis prêt à déboucher si vous êtes prêts ». A 14h10, le bataillon Aubert n’ayant toujours pas débouché, le commandant de Belenet fait stopper ses compagnies.
 A 13h25, le colonel commandant le 29° avise le colonel commandant la brigade qu’il entend un engagement assez violent dans le secteur de Dolving. En réponse, le colonel Marié fait état d’un renseignement, reçu du corps d’armée, faisant connaître que l’ennemi va prononcer un retour offensif sur Dolving et les hauteurs à l’ouest et à l’est du village ; « prenez vos dispositions pour le recevoir, l’artillerie vous appuiera ».

Pendant ce temps, des reconnaissances sont effectuées, notamment pour déterminer des possibilités de franchissement de la Sarre que le régiment doit chercher à franchir pour marcher sur Sarraltroff, tout en s’assurant un repli sur les bois, le cas échéant.

 Mais aussitôt que les troupes françaises apparaissent, une formidable canonnade est déclenchée par l’ennemi, qui oblige nos fantassins à se replier et à se terrer. Cette situation dure tout le reste de la journée, et fait subir de lourdes pertes aux unités engagées. Le service de santé divisionnaire fait état « de pertes considérables ». Les Allemands, fortement organisés dans leurs tranchées, renseignés par des intelligences locales sur les faits et gestes de nos troupes, sont hors de portée de nos fusils et de nos canons. Les hommes du 29° n’ont quasiment tiré aucun coup de feu de la journée !

A 18h00, le commandant Aubert dit tenter de soutenir le 1° bataillon face à Sarraltroff, mais que suite à la canonnade ennemie, qui confirme un retour offensif de sa part,  il ne dispose plus que de 2 compagnies et demie.
A 18h30, le commandant Aubert envoie un message au colonel « comme l’attaque de l’infanterie ennemie ne se produit pas, que je ne sais pas où se trouve le bataillon de Belenet malgré mes efforts, je reprends mes emplacements primitifs à la croupe nord-est du bois d’Ezelwald ».
A 18h45, le commandant de Belenet adresse un message à son chef de corps l’assurant qu’il ne songe pas à la retraite « sauf nécessité absolue et malgré moi », qu’il a préparé des contre attaques ; il décrit ainsi la situation « l’ennemi se fortifie de plus en plus dans Sarraltroff, construit des barricades et fait des créneaux dans les murs, et des trous dans les toits. Actuellement il fait la soupe dans le haut du village. On entend des roulements de voitures…j’ai placé la section de mitrailleuses au coin nord de Etzelwald. Malheureusement mes hommes n’ont rien à manger. Leur moral est parfait".
A 19h00, ordre est donné de bivouaquer sur place.

Le bilan s’établit à 16 morts, 40 blessés et 15 disparus.

Jacques Péricard écrit : "L'attaque de la 32e brigade, le 19, nous a coûté de grosses pertes. Elle s’est heurtée à d'innombrables réseaux. L'artillerie ennemie a fait, parmi nos troupes, des ravages effrayants ".

A 24h00, le général commandant la DI annonce que "le 29° RI devra, le plus tôt possible le 20 août, attaquer l’ennemi dans la direction Sarraltroff".

 

Jeudi 20 août

C’est la 15° division qui doit se porter à l’attaque de Sarraltroff.
A la 16° division, le général Maud’huy dit avoir donné l’ordre au 29°, "qui s’était retiré pour la nuit à l’intérieur et en arrière de Etzerwald, d’en réoccuper les lisières est et d’être prêt à attaquer par Sarraltroff. Mais le régiment est si dispersé que l’attaque ne pourra être violente" !
Cette offensive échoue. Les unités, pas assez appuyées par notre artillerie qui ne parvient pas à trouver d’endroits pour installer ses pièces, et tirer à vue sur l’ennemi, sont prises sous une violente canonnade, l’artillerie ennemie étant renseignée sur les mouvements de nos troupes par des survols d’avions, mais aussi par des espions qui signalent nos positions. L’infanterie allemande, fortement retranchée dans la ville, ne semble pas vouloir en sortir.
L’ensemble de la 32° brigade est entrainé dans la retraite précipitée de la 15° DI, et va tenter de s’arrêter à l’arbre du Haut Clocher.
Lors de ce repli, sous l’incessante canonnade et les tirs de mitrailleuses, le colonel Delaunay est blessé au bras un peu après 11h00 ; il passe le commandement du régiment au chef de bataillon Aubert qui, blessé à son tour, également au bras par une balle de schrapnell, à 13h00, délègue ses pouvoirs au chef de bataillon de Belenet, qui organise la retraite des différentes compagnies du régiment (les 3° et 4° Cies signalent que notre première ligne est totalement évacuée, qu'il leur est impossible de progresser du fait de tirs d'artillerie et d'infanterie importants, qu'elles se replient), rassemble des hommes égarés appartenant à différentes autres unités pour organiser une ligne de défense.
Le colonel Marié envoie un message au général Maud’huy, lui indiquant que le bataillon du 29° RI qui était devant Sarraltroff "reflue sans qu’il soit possible d’arrêter son mouvement. Delaunay et Aubert blessés ; suis moi-même contusionné".
Mais l’artillerie ennemie fait des ravages, amenant les hommes à se replier encore plus loin. A 15h00, ils aperçoivent les premiers éléments de l’infanterie ennemie qui ne peut cependant déboucher.
Une batterie de 77 allemande s’installe à découvert au nord-est de Dolving, et ouvre le feu. Le chef de bataillon de Belenet est légèrement blessé à une oreille. Le repli se poursuit jusqu’aux abords du bois d’Oberwald. Dans la confusion générale, l’artillerie française, elle aussi entraînée dans cette retraite, tire trop court et crée des pertes dans nos lignes.

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Le bilan, pour le régiment est terrible. Le commandant du 1° bataillon indique que ses pertes en tués, blessés et disparus, sont des 374 hommes et 6 officiers ; lui-même est blessé à l'oreille droite (violente contusion) au signal du Haut Clocher. Le JMO indique 26 tués, 153 blessés et 382 disparus ; le fichier Mémoire des Hommes donne 150 tués à cette date ;  à l'appel du soir, il manque 120 hommes à la 1° Cie, 72 hommes ont été tués ou blessés à la 2° Cie; la 10° compagnie ne compte plus que 66 hommes !
Trois commandants de compagnies ont été tués : les capitaines Vieu, 2° compagnies, Archaimbault, 8° compagnie, et Jordan, 9° compagnie ; le capitaine Ruello, commandant la 12° compagnie, blessé, a été fait prisonnier, comme de nombreux hommes du régiment.

Le JMO du service de santé divisionnaire signale que :"les pertes furent énormes pour la 16° division qui dut malheureusement abandonner tous ses blessés aux mains de l’ennemi".
Parmi eux le comte de Pelleport, blessé à la cuisse droite. Il écrira à son épouse, le 25 août :"j'ai été ramassé par les Allemands qui me traitent bien...je suis à Saaraltrof".                                                                                                                           monument commémoratif

Malheureusement, la blessure est grave, provoquée par un éclat d'obus et non une balle comme Wladimir de la Fite l'a initialement cru; transporté de l'ambulance de Saaraltrof au lazaret d'Heilbronn, le comte de Pelleport expirait à son arrivée. Il sera cité à l'ordre de l'Armée.         

 

Vendredi 21 août

Les ordres pour cette journée sont de se maintenir sur les positions prises la veille sur la rive sud du canal de la Marne au Rhin ; les passages de ce canal devront être solidement tenus par les arrières gardes, le génie, et l’artillerie qui devra être en place face au nord pour 3h30.
"La matinée du 21 devra être employée à se retrancher, à remettre de l’ordre dans les unités et à les ravitailler en vivres et en munitions".

Le 1° bataillon et la compagnie 8/4 du génie ont passé la nuit à surveiller et à sécuriser le passage des ponts d’Héming. Ils sont rejoints par un escadron de dragons qui dispose ses mitrailleuses pour battre le pont

A 4h00, une alerte se produit et le bataillon se rend sur les crêtes avoisinantes, face au village. Il subit quelques pertes.
A 4h45, le général commandant la division donne l’ordre à la 32° brigade de tenir les ponts sur le canal de la Marne au Rhin à Héming, le 29° étant en première ligne sur le canal.

Tous se terrent dans des fossés le long de la route de Strasbourg, ainsi que dans des tranchées qu’ils creusent eux-mêmes. L’artillerie française tire au-dessus de leurs têtes, mais à un moment ces tirs tombent sur nos hommes et font des victimes parmi les fantassins du 29°. Malgré les alertes communiquées à notre artillerie, cette situation se renouvellera à plusieurs reprises, causant des pertes également parmi les sapeurs et les dragons.


Le chef de bataillon Aubert reprend le commandement du régiment. Il communique l’ordre suivant : "la chose la plus essentielle est de reconstituer les unités ; les commandants de bataillon et tous les cadres y consacreront tous leurs efforts aujourd’hui ».
A 7h00, un ordre de retraite parvient et donne les nouveaux objectifs de repli ; il se termine en ces termes : « exécution immédiate" !

A 9h00, les 2 ponts de Héming, minés par le génie, sautent, mais l’un des 2 ne tombe pas.


Cette retraite se poursuivra toute la journée, en compagnie de l’artillerie de campagne et des compagnies du génie, sans toutefois être contrariée par l’ennemi.
Au soir, le régiment cantonne à Verdenal.
7 hommes ont été tués au cours de la journée, auxquels il convient d’ajouter plusieurs blessés des journées précédentes, décédés dans les ambulances.

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Samedi 22 août

Le mouvement de repli se poursuit et s’accentue.

Vers 6h00, l’ennemi se signale par une canonnade sur nos positions, et l’apparition d’infanterie.
Le 1° bataillon, placé en réserve d’armée, reçoit l’ordre d’aller occuper, en 1° ligne, la crête au-dessus du ruisseau de Verdenal. Il se retrouve sous le feu de l’artillerie ennemie, et à 11h30, il se replie.

La brigade repasse Domèvre et se dirige, ainsi que l’ensemble de la division, vers Mignéville, par le bois Banal et le bois Lecomte, avant d’atteindre Hablainville.
Le 29°, un groupe d’artillerie, la compagnie divisionnaire 8/4 du génie et 2 pelotons de cavalerie forment l’arrière garde de la division, et reçoivent l’ordre de rejoindre également Hablainville, qu’ils atteignent à 18h00. Ils s’y arrêtent pour la nuit, en cantonnement d’alerte.
Dans son compte rendu journalier, le commandant du 8° corps écrit : "la 16° DI ne se compose plus que de débris, et ne peut être considérée que comme un soutien d’artillerie....notre infanterie se plaint que notre artillerie lui ait encore tiré dessus; c'est ce qui la démoralise le plus !"


 Dimanche 23 août

L’arrière garde à laquelle contribue le 29° reçoit l’ordre de se porter sur Flin. Les premiers départs auront lieu à 3h30.
Le régiment entre dans les Vosges, et Flin est atteint à 5h00 ; le groupe reçoit alors comme mission d’assurer l’arrière garde du CA qui continue son repli pour mieux se reconstituer. La marche reprend malgré l’extrême fatigue des hommes qui parviennent en fin de journée dans le secteur de  Fauconcourt où bivouaque le 2° bataillon, les 2 autres poursuivant jusqu’à Moyemont.

Le général commandant la division rappelle qu’une ration d’eau de vie doit être accordée à toute unité qui bivouaque !

Lundi 24 août


Journée de repos tout relatif pour permettre aux hommes de se reposer, et aux unités de se reconstituer.
Des renseignements, confirmés par des observations aériennes, informent la II° Armée sur une concentration massive de troupes appartenant à la VI° Armée allemande de Rupprecht de Bavière (1°, 2° et 3° corps bavarois, et 21° corps) dans son secteur. Le GQG, également informé des mouvements de l’ennemi, ordonne à Dubail, commandant la I° Armée, de mettre le 8° corps à la disposition de Castelnau, commandant la II° Armée.

A midi, le 8° corps reçoit l’ordre de reprendre l’offensive malgré les pertes enregistrées (1/3 de son effectif), notamment au niveau des officiers, et de marcher en direction générale de Vennezay /Moriviller ; la 16° DI reçoit mission de marcher sur Rozelieures et Mattexey. C’est le début de la bataille de la Mortagne, affluent de la Meurthe.
A 14h00, les éléments du 29° stationnés à Moyecourt, reçoivent l’ordre de se tenir prêts à attaquer Clézentaine. A 17h00, ils se portent sur Fauconcourt où ils rejoignent le reste du régiment. Le commandant Aubert, qui a été blessé le 20 août, est évacué. Le commandant de Belenet prend le commandement du régiment.

A 18h15, le général commandant la 16° division décide d’attaquer Clézentaine. C’est à la 31° brigade qu’incombe cette mission, le 32° étant en soutien. Le 1° bataillon est néanmoins mis à la disposition du 13° RI afin d'appuyer, "s'il y a lieu", une attaque sur Clézentaine.

Clézentaine ayant été pris sans combattre par le 85° RI, toutes les unités reçoivent l’ordre de bivouaquer sur place pour la nuit.
Les Allemands ont été repoussés sur tout le front de la II° Armée.

 

Mardi 25 août

L’offensive reprend. L’objectif de la division est Mattexey, où les premiers éléments entrent vers 9h00.

 

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A 6h00, le 1° bataillon se porte en avant; il reçoit plusieurs projectiles d'artillerie lourde et, à 10h00, il occupe Clézentaine, dont il organise la défense. Il ne déplore aucune perte.                                                                      Les 2 autres bataillons sont positionnés à l’extérieur du village, sur la rive droite du ruisseau de Clézentaine.


Mais très vite, le recul de la 15° DI, qui intervenait un peu plus au nord, va laisser la 16° seule en flèche dans cette offensive. Elle ne peut tenir et doit se replier.
A 11h00, le commandant de la 15° division informe le commandant du corps d’armée que ses troupes "sont en pleine retraite et ont dû évacuer Mattexey sous un feu épouvantable d’artillerie". Les unités, en désordre, traversent Clézentaine avec le soutien du 29° RI positionné au sud du village.

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Maud’huy ajoute "ma position est très critique si je ne suis pas secouru". A midi, c’est tout le 8° corps qui bat en retraite.
A 13h50, la division continue son mouvement de retraite, et le général Castelli (8° corps) demande à ses divisions de s’arrêter, et de tenir. Finalement le mouvement de recul s’atténue, et au soir, la division retrouve ses emplacements de la veille.
De son côté, le 29° a reçu, à 19h00, l’ordre d’évacuer Clézentaine et de venir cantonner à Moyemont (1° et 3° bataillons) et Fauconcourt (2° bataillon).

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Mercredi 26 août

 

SHDGR__GR_26_N_604__001__0017__TIl est 6h00 quand le régiment reçoit l’ordre de retourner à Clézentaine occuper les positions tenues la veille au soir.


A 7h30, le 1° bataillon occupe le village, le 3° couvre une ligne allant de Clézentaine au bois de Fays, et le 2° se tient en réserve au sud-ouest de la localité.
A 8h00, des patrouilles de Uhlans, fortes d’environ 60 hommes, sont signalées vers Deinvillers, au nord-est de Clézentaine.


A 9h00, quelques fantassins ennemis débouchent de Deinvillers et du bois de Corres situé à proximité. Ils sont bientôt rejoints par des troupes en plus grand nombre qui ouvrent le feu sur les éléments du I/29° situés aux abords du village. Les 1° et 4° compagnies engagent le combat. Nos lignes sont violemment battues par l’artillerie ennemie, mais l’attaque ne progresse que très lentement.


A 11h30, le bataillon reçoit l’ordre de tenir jusqu’au dernier homme !
A 14h00, la canonnade s’abat sur Clézentaine, protégeant une nouvelle attaque d’infanterie qui débouche du bois de Fays, soutenue par 2 mitrailleuses; les échanges de coups de feu s’intensifient sur tout le front du 29° ; l’attaque échoue mais les hommes manquent de munitions. Ils sont réapprovisionnés à 15h15, en même temps qu’ils reçoivent le renfort d’une section de la 9° compagnie. Un officier d'état major de la 25° DI rapporte avoir aperçu des sections de mitrailleuses du 29° "égarées vers St Maurice".


A 15h30, le régiment reçoit le renfort d’une compagnie du 13° RI et d’une compagnie du 32° chasseurs. La fusillade reprend ; le village reste entre les mains de ses défenseurs et, à 20h00, ordre est donné d’y cantonner. L’ennemi occupe Deinvillers, qui subit les tirs de notre artillerie.

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Les pertes de la journée sont énormes pour le 29°. Le JMO de la brigade fait état, pour le 29° RI, de 32 morts (55 sur MDH), 171 blessés et 379 disparus, celui du régiment annonce 28 morts, 180 blessés et 63 disparus, parmi eux beaucoup de prisonniers, dont certains décèderont des blessures reçues !!


Le JMO du groupe de brancardiers divisionnaires fait état de pertes importantes tant pour l’infanterie que pour l’artillerie. Des blessés sont abandonnés à Mettexey, qui seront relevés par les Allemands.

Jeudi 27 août

 

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Les ordres pour cette journée sont de s’établir solidement sur la rive gauche de la Mortagne.
Chaque bataillon du 29° RI occupe l’un des bois du secteur, face à la rivière.

Le 1° bataillon essuie des tirs d’artillerie qui l’obligent à se mettre à couvert, ne laissant que la 2° compagnie en première ligne, protégée par un talus de la ligne de chemin de fer. Très vite, les rafales battent l'espace occupé par cette compagnie qui, elle aussi, doit se replier par bonds successifs vers le bois des Corres.

L’ennemi n’est pas loin, et des prisonniers allemands déclarent que 3 régiments et 2 batteries se trouvent face à la 32° brigade.

Le régiment, qui compte encore 12 tués ce jeudi, reçoit un renfort de 1000 hommes !     

           

     Vendredi 28 août         

La 32° brigade, qui se trouve depuis plusieurs jours en 1° ligne, reçoit l’ordre de rester sur ses positions de la veille.

Un peu plus à l’est, dans le secteur de Xaffévillers, les hommes du 29° entendent une forte canonnade, effectuée en soutien de l’offensive menée par le 13° CA (25° DI), appuyée par des éléments de la 31° brigade (16° DI).

A 17h00, le groupe de brancardiers divisionnaires se rend sur Deinvillers où de nombreux blessés sont signalés. En plus des Français trouvés sur place, le groupe procède à l’évacuation d’un poste de secours allemand situé dans l’église du village, et où se trouvent 10 blessés.

A 19h00, le régiment reçoit l’ordre d’aller cantonner à Fauconcourt ; la 31° brigade passe en 1° ligne.

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Le génie et le service de santé du 8° corps participent à l’assainissement du champ de bataille. Les morts sont relevés, identifiés lorsque cela s’avère possible (le JMO note que "la décomposition cadavérique très avancée rend assez difficile ce genre de travail"), puis ensevelis dans les tranchées creusées à cet effet. "250 cadavres sont inhumés, tant Allemands que Français, dont plusieurs officiers".

 

Samedi 29 août

L'ordre général d'opérations n° 45 du général commandant le 8° corps prescrit la continuation de l'offensive "qu'il faut entretenir à tout prix et avec la dernière énergie, pour durer et gagner le temps nécessaire à nos succès par ailleurs".

A 7h00, le 2° bataillon est placé en réserve de division au bois de Chauffour, et le reste du régiment reste sur ses positions.

A 20h00, le général commandant la 16° DI demande que l'eau des fontaines et des sources soit examinée, et que des pancartes soient placées sur les alimentations en eau douteuses.

Le groupe de brancardiers divisionnaires profite de cette relative accalmie pour procéder à l'évacuation de blessés dans les différentes ambulances.

 

 Dimanche 30 et lundi 31 août


Le régiment reste sur ses positions.

A 17h15, le dimanche 30, le commandant de la division rapporte au général commandant le 8° CA que la canonnade continue, notamment l'artillerie lourde allemande, "j'gnore les pertes subies, mais elles doivent être assez fortes".

 

Mardi 1° et mercredi 2 septembre

Le régiment est placé en alerte, sans intervenir.

Des travaux sont entrepris pour renforcer les positions tenues.

La division relèvera la 31° dans la nuit du 2 au 3 septembre sur la rive droite de la Mortagne. Le 29° remplacera le 95° entre 2 et 3h00. Des agents de liaison des 2 régiments doivent se rencontrer pour préparer cette rélève à 15h00 le 2 septembre. Le 29° enverra un capitaine pour l'état major du régiment, 1 officier par bataillon et 1 sous-officier par compagnie. Les agents de liaison du 95° indiqueront les emplacements et le rôle que les unités du 29° auront à tenir, et les guideront vers l'emplacement de chaque compagnie.

 

Jeudi 3 septembre

La relève s'est effectuée sans incident.

Le 2° bataillon occupe les bois des Corres, le 3° le bois du Haut de Corbe, le 1° est en réserve à Deinvillers.

Si le 13° RI subit une attaque ennemie et une forte canonnade, la journée est relativement calme pour le 29°, qui en profite pour effectuer des travaux de consolidation des tranchées.

Le général de Maud'Huy, qui commandait la 16° division, est nommé commandant d'un corps d'armée; le colonel Reibell, commandant la 31° brigade, est provisoirement chargé du commandement de la division.

 

Vendredi 4 septembre


Aujourd'hui encore le régiment reste sur ses positions et améliore les tranchées. La 4° Cie est en soutien d'artillerie. Vers 6h00, elle est repérée par un avion allemand et subit une brève canonnade qui blesse grièvement un homme. Le commandant de compagnie ordonne de se déplacer d'une centaine de mètres vers la droite de son emplacement initial.

Le JMO indique "aucun incident".

Le groupe de brancardiers divisionnaires, basé à Fauconcourt, se rend à Deinvillers pour évacuer le poste de secours du 29° RI où il prend en charge 9 blessés et éclopés qui sont ramenés à l'ambulance n° 8 à Fauconcourt.

 

Samedi 5 septembre


2 des compagnies du 3° bataillon qui occupe le bois de Corbe sont ramenées sur Clézentaine en réserve de brigade.

Ordre est donné à la brigade, qui continue d'être régulièrement canonnée,  d'opposer "un barrage inviolable" à toute tentative ennemie dans le secteur qu'elle tient, soit un front de 5 km.

 

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De nouveau, les brancardiers divisionnaires interviennent pour dégager les postes

de secours des 13° et 29° RI. Le JMO de cette unité annonce la mort, en cours de

route, d'un blessé grave (écrasement de la cuisse par éclat d'obus) recueilli à

Deinvillers; il s'agit du soldat Jacquot, seul mort du jour pour le régiment (cf fiche MDH).   

De son côté, le service de santé de corps d'armée poursuit les inhumations des morts des combats de fin août dans la région de Clézentaine. Pour cette journée, ce service a inhumé 119 soldats français (tous identifiés sauf 2), et 105 soldats allemands.

 

 

 

 

 

Dimanche 6 septembre


Le régiment reste sur ses positions.

L'activité ennemie sur le front de la 32° brigade reste cependant soutenue face au 13° RI, proche du 29°; la 1° brigade du 1° corps bavarois, et la 4° division d'infanterie bavaroise sont identifiées dans le secteur de la 16° DI.

Une violente canonnade allemande fait craindre une attaque de nuit; des précautions sont prises, mais l'attaque ne se produit pas. 4 hommes du 29° RI sont cependant blessés par éclats d'obus, et ramenés par les brancardiers divisionnaires.

Le service divisionnaire de santé s'inquiète des conditions de vie des troupes. "Elles se relèvent tous les 2 ou 3 jours, mais souffrent beaucoup de l'humidité et de la mauvaise nourriture...Une surveillance rigoureuse est exercée sur l'eau qui ne paraît pas toujours de bien qualité, et dont l'ébullition est prescrite. Veiller sur le nettoyage régulier des cantonnementslongtemps occupés, et sur l'établissement et la bonne tenue des feuillées". Le service dit constater des cas de diarrhées de plus en plus fréquents !


Lundi 7 septembre

Des reconnaissances sont poussées dans l'après-midi et constatent que si les villages alentour sont toujours occupés, il semble que les Allemands sont moins confiants, et que les tirs d'artillerie notamment ont été presque insignifiants  au cours de la journée.


Entre 22h00 et minuit, la division est relevée par la 31°, le 29° étant remplacé, sur ses positions, par le 85° RI. Au soir, les cantonnements du 29° sont Fauconcourt pour le 1° bataillon, St Genest pour les 2 autres.

3 hommes malades ont été évacués par les brancardiers divisionnaires sur l'ambulance n° 8 à Fauconcourt.

Mardi 8 septembre

Le général de Montdésir prend provisoirement le commandement de la 16° division.

Les ordres pour la journée sont de tenir et de renforcer les positions.

A 18h15, un ordre prescrit une attaque pour le lendemain, à 2h30, menée par les 8° et 13° CA sur Domptail. Dans un premier temps, l'objectif assigné à la 16° DI est St Pierremont, puis Domptail.

 

Mercredi 9 septembre

La 1° Armée doit reprendre l'offensive pour empêcher l'ennemi d'opérer des retraits.

Pour la 8° DI, c'est la 31° brigade qui passera à l'attaque à 2h30, avec comme objectif St Pierremont.
La 32° brigade doit occuper le rive gauche de la Mortagne, et le 29° reçoit l'ordre de se rendre sur la hauteur au sud de Clézentaine (2 bataillons), et à la corne sud-ouest du bois du Fays. Ce mouvement devra s'opérer entre 2h30 et 3h00; à 6h00, les troupes sont en place aux emplacements qui leur ont été assignés.

L'attaque de la 31° brigade échoue, et la 32° reçoit l'ordre de la renouveler à 8h00.

A 7h45, le 29° vient relever le 85° RI dans ses positions.

A 10h00, le régiment est informé d'un ordre pour une attaque sur St Pierremont qui aura lieu à 13h00. A 11h00, cette attaque est annulée. Les hommes sont ravitaillés en munitions

Vers 18h30, le 29° reçoit l'ordre d'aller occuper les positions tenues par le 13° CA qui se retire, dans le secteur de Xafévillers et Saint-Maurice.

Au soir, les troupes sont réparties sur les hauteurs et les tranchées de ce secteur.

Dans la nuit, 5 blessés du régiment sont amenés à l'ambulance divisionnaire à Fauconcourt.

 

Jeudi 10 septembre

Les ordres pour la journée sont de se maintenir sur les positions occupées, de les renforcer, et de maintenir un attitude agressive envers l'ennemi.

Le poste de secours du régiment, installé à St Maurice est évacué par les brancardiers divisionnaires qui n'y trouvent qu'un malade.


Vendredi 11 septembre

SHDGR__GR_26_N_604__001__0023__TL'ennemi se retire devant le groupement des Vosges (région de St Dié); le 29° reçoit mission d'attaquer Xafévillers et de pénétrer dans le bois du Grand Bois où il devra tenir une tête de pont entre les deux ruisseaux. C'est au 1° bataillon qu'échoit cette mission. Il sera épauler par une batterie d'artillerie, qui ira s'installer vers la Grande Pucelle.

L'heure H est fixée à 16h00, mais le retard pris par la batterie d'artillerie pour s'installer, du fait du mauvais état des chemins et des sous-bois qui rend difficile, voire impossible, le déplacement des pièces, contrarie l'entrée en action du régiment qui stoppe bientôt sa progression.

A 18h00, le commandant de Belenet informe le général commandant la division que l'artillerie n'a toujours pas trouvé d'emplacements d'où elle pourra battre Xafévillers, village fortement fortifié et fortement occupé d'après des renseignements recueillis. "Je ne puis songer à l'attaquer avec ma seule infanterie".

A 18h20, l'artillerie ouvre enfin le feu, mais elle est gênée par la nuit qui commence à tomber, et elle craint de ne pouvoir atteindre le village.De Belenet envoie une reconnaissance sur Xafévillers, et annonce que si celle ci échoue, il restera sur place, attendant les ordres. Finalement, l'ennemi évacue le village, et la compagnie partie en reconnaissance l'occupe à 23h00. Seule une partie de l'objectif est atteint, et le 29° reçoit l'ordre de poursuivre son offensive le lendemain.

Samedi 12 septembre

Il se confirme que l'ennemi se replie vers St Dié.

Les hommes du 1° bataillon sont restés en position toute la nuit, sous une pluie diluvienne et sans ravitaillement.

Au matin, le 2° bataillon reçoit l'ordre d'aller relever le 1° bataillon; à 8h30, il est à la lisière nord du bois du Grand Bois; il n'essuie aucun coup de feu. Poursuivant une progression vers le nord, il est à Domptail à 10h15, rejoint par le 3° bataillon, puis par le 1°.

A 11h00, le commandant de Belenet rend compte que le secteur Xafévillers/Fontenoy-la-Joute est libre; ordre lui est donné de poursuivre sa progression vers l'avant, et de stationner dans des carrières et des bois, face à ce secteur.

Les hommes sont épuisés; ils viennent de passer 2 nuits, sans dormir, dans des tranchées pleines d'eau.

La 32° brigade se retire de Domptail, et marche en direction de Fontenay-la-Joute, vers les rives de la Meurthe. C'est maintenant le 13° RI qui est en avant garde et qui marche sur Fontenoy et Azerailles, le 29° "doit suivre le mouvement", et cantonner à Fontenoy.

Les services de santé, qui effectuent le même trajet vers Domptail, signalent que les positions ennemies sont totalement abandonées, et indiquent avoir vu, notamment dans le secteur de Xafévillers, de nombreux cadavres d'hommes et de chevaux dans un état de putréfaction avancée.

Dimanche 13 septembre

Un détachement constitués d'éléments des 13° et 134° RI, d'un escadron divisionnaire et d'une batterie d'artillerie, placé sous les ordres du colonel Marié, commandant la 32° brigade, doit s'établir sur la rive gauche de la Meurthe pour résister à l'ennemi et couvrir les cantonnements du 8° corps d'armée qui passe en 2° ligne.

Le 14, le régiment est transporté vers Bannoncourt où il s'installe.

Depuis le début des hostilités, le régiments a perdu 357 hommes, morts ou disparus, plusieurs centaines de blessés et de prisonniers.

 

  

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18 octobre 2011

Le chef de bataillon HOUSSET

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  François Marie Edmond Housset naît le 23 février 1859 à Versailles, au domicile de ses grands parents maternels. Son grand père, Edmé Pierre Ploix sera maire de la ville royale de 1863 à 1870.


  Son père, François Antoine, chevalier de la Légion d'Honneur, est avocat à la Cour impériale de Paris, et maire-adjoint du IV° arrondissement.

 

 

 

 Le jeune François Marie poursuit ses études à Paris, et obtient, le 5 juillet 1877, son diplôme de bachelier es sciences.

 Il ne sera pas avocat comme son père et son grand père, puisque quelques semaines plus tard, le 29 octobre 1877, il est admis à l'école spéciale militaire de Saint-Cyr, promotion Novi Bazar. Il en sort sous-lieutenant le 1° octobre 1879, affecté au 123° régiment d'infanterie de ligne à La Rochelle.

Il est nommé lieutenant au 5° bataillon de chasseurs à pied à Remiremont (Vosges), le 25 novembre 1884, capitaine le 13 juillet 1891, puis capitaine adjudant major le 1° décembre 1898, au 2° bataillon de chasseurs à pied à Saint-Dié des Vosges.

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     De son union avec Marie Delaye, il a 2 fils, Edmond Marie, né le 27 décembre 1891, qui sera sergent au 152° régiment d'infanterie, porté disparu le 21 décembre 1915 au Vieil Armand, et Gabriel François, né le 4 décembre 1899, qui mourra en déportation au camp de Mauthausen (Autriche) le 10 mars 1944.

 

 

                                             photo J. Housset

 

Il arrive à Autun, au 29° RI, le 26 décembre 1905 avec le grade de chef de bataillon.

Les appréciations de ses supérieurs sont élogieuses : "vigueur et activités remarquables", "physionomie reflétant l'intelligence, la vivacité et l'énergie", "a la passion du métier, est au courant de tout", "caractère très droit, très décidé, ne se démontant jamais" !

Quand la guerre éclate, le chef de bataillon Housset part avec le 229° régiment d'infanterie, réserve du 29°. Il commande le 5° bataillon.

Le régiment quitte Autun le 11 août et arrive dans les Vosges le 15 août.

Le premier contact avec l'ennemi a lieu le 20 août à 7h30, près de Steige dans le Bas-Rhin.

Le 28 août, le régiment fait mouvement vers Saulcy, près de Saint-Dié des Vosges, où il reçoit l'ordre de tenir coûte que coûte sur ses positions. La nuit du 28 au 29 août est éprouvante; l'artillerie ennemie bombarde le village sans relâche; toutes les maisons sont détruites, mais le 229° tient bon malgré des pertes sévères. Les trois cinquièmes de son effectif sont hors de combat, et parmi eux, le chef de bataillon Housset qui a eu la jambe fracassée par une balle, alors qu'il entraînait 2 compagnies, qui avaient perdu tous leurs officiers, dans une contre-attaque visant à dégager les 2 autres compagnies du bataillon.

Il obtient la Croix de Guerre, il est cité à l'ordre de l'Armée.

Évacué, François Marie Housset est hospitalisé, opéré afin de "réparer" au mieux les dégâts occasionnés à sa jambe. Puis ce sont de longs mois de convalescence, de visites et contre visites médicales. Enfin rétabli, mais handicapé, il est affecté au dépôt du 29° RI à Autun.

Très vite l'action lui manque, et il demande à retourner sur le front.

Il est nommé au 95° RI où il prend le commandement du 1° bataillon le 15 mars 1916.

Le 95° est dans la Meuse où il participe à la bataille de Verdun. Le 22 avril, le bataillon est aux Eparges. L'artillerie ennemie pilonne quasiment sans discontinuer les positions françaises. Le 10 mai, un obus éclate près de l'abri où se trouve le chef de bataillon Housset. Celui-ci est tué sur le coup.

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Pour la seconde fois, François Marie Housset est cité à l'ordre de l' Armée : "chef d'un sang froid et d'une bravoure à toute épreuve, a obtenu de son bataillon, par son exemple et son heureux ascendant, un effort immense dans des combats incessants contre un ennemi très supérieur en nombre".

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                                                                                  document J. Housset

 

 François Marie Housset est Chevalier de la Légion d'Honneur, sa Croix de Guerre est ornée de 2 palmes.

Je remercie Madame Jacqueline Housset, arrière petite fille du chef de bataillon Housset, pour les informations, documents et photos qu'elle m'a transmis, et pour l'autorisaton qu'elle m'a donnée de les faire paraître ici.

 


 

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07 août 2011

Louis Marie Gabriel LENFANT


 

Louis Marie Gabriel Lenfant a été le chef de corps qui dirigea le plus longtemps le 29° RI, puisqu'il y arriva le 6 septembre 1915, date de sa promotion au grade de lieutenant-colonel, et qu'il ne quitta plus le 29° jusqu'à la fin du conflit.

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Louis Marie Gabriel Lenfant naît le 21 décembre 1864 à Romilly-sur-Seine (Aube).

Le 25 octobre 1884, il s'engage pour une durée de 5 ans, après avoir été admis à l'école spéciale militaire de St Cyr. A son entrée à l'école, il est dépeint comme étant de constitution physique médiocre !

A sa sortie, le 1° octobre 1886, il est nommé sous-lieutenant au 109° régiment d'infanterie.

Le 23 janvier 1897, il épouse, à Pontaubert (Yonne), Jeanne Henriette Marie Thérèse Randot.

Il part en campagne, le 2 août 1914, comme chef de bataillon au 13° RI, et participe, au sein de ce régiment, aux combats de Lorraine du début de campagne, puis aux combats de la Meuse de fin 1914 à mars 1915 (forêt d'Apremont).

Du 8 août au 5 septembre 1915, il commande provisoirement le 10° RI.

Sous son commandement, le 29° RI participe aux combats de Verdun, avant de rejoindre la Somme en décembre 1916. Puis ce sera la Champagne, l'Argonne, l'Oise, la Somme de nouveau, et enfin l'Aisne. Le régiment sera cité 2 fois à l'ordre de l'armée, 1 fois à celui du corps d'armée.

Il est promu colonel, d'abord à titre temporaire le 26 juin 1918, puis à titre définitif le 27 mars 1919.

Tout au long de sa carrière, le colonel Lenfant a reçu de ses supérieurs des appréciations élogieuses : "beaucoup de bon sens et de sang froid"; "officier de haute valeur très aimé de ses cadres et de ses hommes"; "c'est un très bon chef de corps"; "chef de corps au jugement sûr, digne de toute confiance, à nommer colonel le plus tôt possible".

Retiré à Nogent-sur-Seine (Aube), Louis Lenfant s'éteint en son domicile le 1° juin 1943.

Louis Lenfant a été décoré de la Croix de Guerre, il est Commandeur de la Légion d'Honneur.

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                                                                  sa plaque d'officier



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02 août 2011

Joseph Dominique Arthur DELAUNAY


Joseph Dominique Arthur Delaunay est né le 24 mars 1857 à Chateaubriant (Loire Inférieure devenue Atlantique).

Le 19 octobre 1876, il s'engage pour 5 ans, et intègre l'école spéciale militaire de St Cyr, admis 307° sur 412. Il est décrit comme robuste, mesure 1m78, a les cheveux châtains.

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A sa sortie de St Cyr le 1° octobre 1878 (308° sur 386), il est nommé sous-lieutenant au 65° régiment de ligne (qui deviendra le 65° RI).

De juillet 1881 à août 1890, le lieutenant puis capitaine Delaunay sert en Tunisie.

Il rentre en France et est nommé colonel commandant le 29° RI le 23 décembre 1913. C'est à la tête du régiment Dauphin qu'il part en campagne en août 1914.

Le 20 août, le régiment est engagé dans les terribles combats de Sarrebourg où plusieurs centaines d'hommes seront tués ou blessés. En fin de matinée, alors que nos troupes se replient poursuivies par l'infanterie allemande appuyée par de l'artillerie, le colonel Delaunay est atteint au bras droit par un schrapnell. La fracture de l'humérus qui en résulte nécessitera plusieurs interventions à l'hôpital du Creusot où le colonel Delaunay a été évacué.

Sans attendre la guérison complète de ses blessures, il demande à retourner au front; il prend alors le commandement du 56° RI le 13 octobre 1915, avant de prendre le commandement d'une brigade en 1916, et d'être promu général de brigade.

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Joseph Delaunay s'éteint à Vernoil-le-Fourrier (M & L), le 15 octobre 1939. Il est Commandeur de la Légion d'Honneur.



 

 

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04 juillet 2011

Paul Victor Didier AUBERT


 

Paul Victor Didier Aubert est né le 16 juillet 1865 à Semur (Côte d'Or).

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Le 27 octobre 1884, il s'engage pour 5 ans et intègre l'école spéciale militaire de Saint-Cyr. Il en sort le 14 septembre 1886 au 122° rang (sur 397 élèves); il est nommé sous-lieutenant au 10° régiment d'infanterie.

Il arrive pour la première fois au 29° RI, en qualité de chef de bataillon, le 24 juin 1912. A l'entrée en guerre, il commande le 3° bataillon du 29°, et est blessé le 20 août 1914 à Sarrebourg par une balle de schrapnell; il sera évacué le 26 août. Il revient sur le front le 28 novembre 1914, au 13° RI, où il est promu lieutenant-colonel le 2 juillet 1915. Retour au 29°, dont il prend le commandement, le 13 juillet.

Le 21 juillet, le 29° reçoit l'ordre de reprendre les tranchées perdues le 7 juillet dans le secteur de la tête-à-vache, près d'Apremont (Meuse). Dès 3h45, l'artillerie lourde française, les canons de 75, des obusiers, tirent sur les défenses ennemies. Le riposte allemande est tout aussi violente. A 6h45, le lieutenant-colonel Aubert est mortellement blessé par un éclat d'obus au coeur dans son poste de commandement.

Le lieutenant-colonel Aubert est cité à l'ordre de l'armée.

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Paul Victor Didier Aubert est chevalier de la Légion d'Honneur, décoré de la Croix de Guerre.


 

 

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01 juillet 2011

Les citations du 29° RI


Le 29° RI a obtenu 12 citations et témoignages de satistaction entre avril 1915 et décembre 1918.

1/ suite aux combats du bois d'Ailly du 22 au 26 avril 1915, la 7° compagnie est citée à l'ordre de la I° Armée (21 mai 1915) :

"du 22 au 26 avril, soumise à un bombardement très violent, a lutté sans répit pendant 4 jours, repoussant avec un courage et une énergie inlassables les attaques continuelles de l'ennemi, et s'est maintenue avec une ténacité dignes d'éloges sur le terrain conquis".

2/ suite aux combats de la Tête-à-Vache en juin et juillet 1915, témoignages de satisfaction du Général Rouquerol, commandant la 16° division d'infanterie, adressés aux 5°, 6°, 11° et 12° compagnies (9 juin 1915) :

"l'ennemi a prononcé, le 5 juin, une violente attaque sur la Tête-à-Vache.

La vigilance et la rigueur des 5°, 6°, 11° et 12° compagnies du 29° régiment d'infanterie l'ont fait piteusement échouer.

Le 5 juin, un bombardement plus intense que ceux des jours précédents durait de 12h15 à 14h00. Cependant, à 13h50, deux explosions de mines, à peu d'intervalle, achevaient une importante préparation d'attaque.

Instantanément, le feu des défenseurs (fusils et grenades) éclatait dans l'aveuglement de la poussière des mines et le 75 balayait les boyaux ennemis. Les assaillants s'élançaient en grand nombre sur leurs parapets.

Impuissants à les franchir devant la vigueur et la soudaineté de la défense, ils retombaient dans leurs tranchées; leur échec était complet.

Notre artillerie lourde, aussitôt déclenchée, battait avec précision les carrefours de l'arrière.

Il est prouvé que l'ennemi a subi de lourdes pertes. La valeur du soldat, la collaboration étroite de l'infanterie et de l'artillerie ont paralysé l'attaque. Et, peu après ce combat, le travail combiné du génie et de l'infanterie avait réparé les dégâts du bombardement; une nouvelle attaque eût été reçue encore mieux que la première.

Cet exemple est un témoignage de la valeur, de la vigilance et de l'union des troupes de la 16° division. Conservons ces qualités, elles nous assurent l'inviolabilité du front qui nous est confié".

3/ suite à l'attaque des Monts entre le 17 avril et le 29 mai 1917, citation à l'ordre du 10° corps d'armée (9 mai 1917) :

"le Général commandant le 10° corps d'armée se félicite d'avoir momentanément sous ses ordres la 169° division, dont le chef lui est connu, et dont deux régiments, le 13° et le 29° régiments d'infanterie, ont fait partie de la 16° division qu'il a commandée, à la fin de 1914 et au commencement de 1915, dans la forêt d'Apremont.

Il a apprécié, à cette époque, la constance et l'énergie de ces beaux régiments, auxquels le 296° n'est pas inférieur; il vient d'en donner la preuve. Le Général commandant le 10° corps d'armée sera heureux de revoir les braves gens, officiers et soldats, qui ont vaillamment servi sous ses ordres".

4/ pour la période du 14 au 26 mai 1917, citation à l'ordre du 10° corps d'armée (30 mai 1917) :

"le Général commandant le 10° corps d'armée est heureux d'exprimer au 29° régiment d'infanterie, toute sa satisfaction pour le concours qu'il a prêté à la 20° division du 14 au 26 mai, dans l'occupation de positions que son frère d'armes, le 296° d'infanterie, venait d'enlever au cours d'une brillante attaque.

Le 29° a pris à coeur d'organiser sous des bombardements incessants ce nouveau secteur, faisant preuve de belles qualités d'ordre, de calme et de discipline".

5/ suite à l'opération du 19 juillet 1918 dans la région de Montdidier, citation à l'ordre de la 3° armée...(19 juillet 1918) :

"ce matin, 19 juillet, la 169° division a pénétré dans les lignes allemandes, entre Rubescourt et le Frétoy, sur un front de 800 mètres et une profondeur de 1200 à 1400 mètres, capturant un officier et quatre-vingts hommes, enlevant à l'ennemi cinq mitrailleuses, de nombreux fusils et des documents de toutes sortes, détruisant des minenwerfers et des abris.

L'opération a été exécutée avec un entrain superbe, par un bataillon du 29° régiment d'infanterie, une compagnie du 13° d'infanterie et une section de génie, sous la protection d'un barrage roulant et de tirs indirects de mitrailleuses.

La préparation parfaite du commandement et des états-majors, l'habileté et la bravoure des exécutants, fantassins, artilleurs et sapeurs, ont amené ce brillant succès.

Le Général commandant l'armée adresse ses félicitations à tous.

Il accorde trois médailles militaires et six citations à l'ordre de l'armée".

6/... et citation à l'ordre du 35° corps d'armée pour le 3° bataillon (29 juillet 1918) :

"le 19 juillet 1918, le 3° bataillon du 29° régiment d'infanterie, énergiquement commandé par son chef, le commandant Ferry, s'est porté, avec un superbe élan, contre une position ennemie fortement défendue et a ramené dans nos lignes quatre-vingt trois prisonniers, dont un officier, sept mitrailleuses, de nombreux fusils, après avoir détruit trois minenwerfers qu'il ne pouvait emporter et fait subir des pertes importantes à la troupe attaquée".

7/ suite à l'attaque sur Assainvillers du 9 au 11 août 1918, citation à l'ordre de la 1° armée (13 septembre 1918) :

"très bon régiment qui, le 9 août 1918, sous le commandement éclairé de son chef, le colonel Lenfant, s'est porté avec une ardeur remarquable à l'attaque de fortes positions ennemies.

Malgré des résistances très sérieuses, ayant obligé à de nombreux corps à corps, a réalisé, en deux heures, une avance de quatre kilomètres, atteignant brillamment tous ses objectifs, faisant plus de cinq cents prisonniers, capturant plus de vingt canons ou minenwerfers et de cent mitrailleuses , ainsi qu'un matériel considérable.

Le lendemain, a poursuivi son offensive, progressant au total de 12 kilomètres en moins de trente heures.

Lors de l'offensive allemande du 9 juin 1918, avait su, par sa belle résistance, maintenir l'intégrité de sa position principale de défense".

8/ suite à l'attaque sur Bus (cote 106) du 11 au 18 août 1918, citation à l'ordre du 35° corps d'armée (31 août 1918) :

"très beau régiment pour lequel les durs combats menés en forêt d'Apremont, de septembre 1914 à juillet 1916, puis aux Eparges de mars à juin 1916, constituent un passé glorieux.

S'est signalé, le 9 juin 1918, par sa belle resistance à l'offensive et, le 9 août, par la superbe attaque qui lui a valu près de cinq cents prisonniers, plus de vingt canons ou minenwerfers et de cent mitrailleuses.

Pendant les opérations du 11 au 18 août vient, sous les ordres du colonel Lenfant, de donner une nouvelle preuve de ses belles qualités d'endurance et d'entrain, supportant sans faiblir des bombardements d'une extrême violence, à obus explosifs et toxiques.

S'est signalé en particulier le 11 août où, formant avant garde de la  division, et refoulant vigoureusement un ennemi qui balayait le terrain de ses feux de mitrailleuses, il a donné l'assaut à un bois très fortement organisé et où les dernières résistances durent être réduites à la grenade".

9/ suite au combat de Saint-Simon-Clastres des 8, 9 et 10 septembre 1918, citation du 1° bataillon à l'ordre de la 169° division (22 septembre 1918) :

"excellent bataillon qui, sous les ordres de son chef, le chef de bataillon Stiot, s'était déjà signalé par sa belle conduite au feu lors de l'attaque allemande du 9 juin 1918, puis le 11 août, au cours des opérations offensives auxquelles a pris part la division.

Vient de donner une nouvelle preuve de son entrain, de son endurance et de ses belles qualités manoeuvrières dans la poursuite de l'ennemi les 8, 9 et 10 septembre, en exécutant une progression de plus de 8 kilomètres dans des conditions parfois très difficiles, du fait des nombreuses mitrailleuses ennemies qu'il a fallu réduire".

10/ suite aux combats d'Urvillers, d'Itancourt, ligne Hindenburg, citation à l'ordre du 31° corps d'armée (18 octobre 1918) :

"au moment où la 169° division d'infanterie passe en réserve d'armée, le général commandant le 31° corps d'armée est heureux d'adresser au général Serot Alméras et à ses vaillantes troupes ses plus vives félicitations.

A la suite de durs combats, méthodiquement et énergiquement menés pendant plusieurs semaines, la 169° division, progressant au milieu des positions solidement fortifiées de l'ennemi, a réalisé, en combattant, une avance de plus de 30 kilomètres, enlevant de haute lutte plusieurs villages organisés, faisant de nombreux prisonniers et capturant à l'ennemi un matériel considérable.

Le superbe effort fourni par cette belle division est un garant pour ses succès futurs".

11/ citation du 2° bataillon à l'ordre de la 169° division d'infanterie (30 novembre 1918) :

"très beau bataillon qui, sous le commandement du capitaine Gey, le 9 août 1918, a eu une brillante conduite lors de l'attaque et la prise d'Assainvillers, capturant environ deux cent cinquante prisonniers, une batterie d'artillerie mixte de 105 et 77 (personnel et matériel), quatre-vingt-dix mitrailleuses et trente trois minenwerfers.

Engagé en première ligne du 28 septembre au 2 octobre 1918, s'est emparé, après une lutte acharnée, du village très fortement organisé d'Urvillers, malgré de furieuses contre-attaques, capturant plus de deux cents prisonniers, quarante-trois mitrailleuses, plusieurs pièces d'artillerie et un très important matériel".

12/ citation à l'ordre de la 1° armée du 18 décembre 1918 :

"excellent régiment qui, depuis le début de la campagne, s'est signalé en toutes circonstances : en 1914 et en 1915, en forêt d'Apremont et en Woëvre; en 1916 aux Eparges, en 1917, aux attaques, en Champagne, du massif de Moronvillers; en fin d'avril à août 1918, dans la région de Montdidier, particulièrement les 9 juin, 19 juillet, 9 et 11 août.

Vient de donner la preuve, pendant six mois, de la plus belle endurance, en fournissant, du 30 mars au 12 octobre 1918, dans des conditions spécialement pénibles, des efforts continus, montrant les meilleures qualités offensives, sous les ordres de son chef, le colonel Lenfant.

Du 8 au 10 septembre, formant avant-garde de la division dans la région sud de Saint-Quentin, a réalisé une progression de 9 kilomètres en faisant tomber de forts points d'appui dans des conditions parfois très dures, puis, au cours d'une avance de 20 kilomètres effectuée par sa division jusqu'au 12 octobre, a exécuté de vigoureuses et brillantes attaques, particulièrement du 29 septembre au 2 octobre, où il a livré, à Urvillers, des combats acharnés qui lui ont valu, avec la prise de cette position très solidement fortifiée, la capture de trois cent cinquante prisonniers environ (de cinq régiments de deux divisions différentes) et d'un matériel important, dont treize minenwerfers, soixante-sept mitrailleuses, dix-huit mitraillettes et vingt et un fusils anti-tanks".

Enfin, par l'ordre général 140-F du 19 décembre 1918 signé du Maréchal Pétain, commandant en chef les armées françaises de l'est, le 29° obtient le droit au port de la fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de Guerre.


 

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18 juin 2011

Le 29° et ses différents rattachements pendant la guerre.

 

insigne

insigne du 29° RI

 

Le 29° régiment d'infanterie a été créé par Louis XIV le 15 juin 1667, et concédé au Grand Dauphin, âgé de 6 ans.

Le régiment prend alors, tout naturellement, le nom de régiment Dauphin, nom qu'il conservera jusqu'au 1° janvier 1791. Les noms des régiments étant supprimés, Dauphin devient le 29° régiment d'infanterie.

Le régiment est engagé dans beaucoup de batailles, et son drapeau porte les noms de Valmy 1792, Caldiero 1805, Wagram 1809, Alger 1830, Verdun 1916, Montdidier 1918, Saint-Quentin 1918.

Depuis 1876, le 29° est en garnison à Autun, caserne Changarnier.

autun

                                                                                                                                      photo archives municipales d'Autun

Sa devise est : "croire aux actions et non aux paroles"

En août 1914, le 29° entre dans la composition de la 32° brigade, 16° division, 8° corps d'armée.

Le 1° janvier 1917, le 29° intègre, avec l'ensemble de la 32° brigade, la 169° division nouvellement créée.

Sa cravate arbore la Croix de Guerre 14/18 avec 2 palmes et une étoile de vermeil. Le 22 février 1918, le régiment obtient le droit au port de la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre (verte rayée de rouge).

Au cours de tous ces mois de guerre, le 29° a déploré 2789 morts, dont 65 officiers, et 5123 blessés dont 111 officiers.

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Mon grand oncle René

René Rucheton était le frère aîné de mon grand père maternel, Antonin Rucheton.

René est né le 2 juillet 1896 à 6 heures du matin à Péron, canton de Collonges, arrondissement de Gex, dans le département de l'Ain. Il est le fils de Silvain Paulin Rucheton, maçon, et de Alexandrine Saquet, couturière, son épouse, mes arrières grands-parents maternels.

René était le 3° enfant de la famille. L'aîné, Marcel est né à Paris en 1888, puis vint Pauline en 1894. Antonin, mon grand père, est né en juin 1900 également à Péron.

Quelques années plus tard, la famille quitte Péron, et vient s'installer à Donzy dans le département de la Nièvre d'où est originaire Alexandrine Saquet.

René est recensé en 1915. Il porte le numéro matricule 332.

Sa fiche matricule indique qu'il avait les cheveux noirs et les yeux marrons. Son visage était rond, tout comme son menton, son nez rectiligne, sa bouche moyenne, et son front découvert.

René mesurait 1,68m.

Il possède le degré d'instruction 2; il sait donc lire et écrire.

René est incorporé au 29°régiment d'infanterie d'Autun, le régiment Dauphin, le 12 avril 1915. Nous ne possèdons aucune photo de René, mais tout laisse à penser qu'il figure parmi les jeunes conscrits de la classe 1916 nouvellement arrivés au 29°.

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Le 15 août 1915, René quitte le 29° pour le 420° régiment d'infanterie nouvellement créé. On ne sait rien de son activité au sein de cette unité commandée par le Lieutenant Colonel Rimaud, et qui constituait, avec le 421°, la 316° brigade elle-même rattachée à la 158° DI.

En février 1916, le régiment arrive dans le Vexin, puis poursuit sa route vers l'Oise où il effectue "des travaux en vue de l' exécution d'une ligne de défense" (JMO).

En juin 1916, la division est mise à la disposition du Gouverneur de Paris. Elle effectue alors des travaux en vue de l'exécution d'une ligne de défense pour le camp retranché de Paris.

Le 420° est dissout le 22 août 1916 et passe à la 106° brigade.

René arrive au 329° régiment d'infanterie le 29 août 1916 (23° compagnie; 6° bataillon).

A cette même date, le JMO du 329° indique "A Bonneuil, le Lieutenant-Colonel présente le drapeau du 329° au 2° bataillon du 420° dont les hommes comptent, à partir de ce jour, au 329°. Chacune des compagnies anciennes fournit 40 anciens soldats à la compagnie correspondante du nouveau bataillon incorporé qui donne en échange 40 jeunes soldats".

Le régiment s'installe pour de longs mois dans l'Aisne et participe à de nombreux combats dans le secteur du Chemin des Dames.

Le 2 décembre 1917, à 22h30, sur le territoire de Corbeny (Aisne), une balle de mitrailleuse atteint René qui tombe mort. Il est relevé par l'adjudant brancardier Anquetil Albert et le brancardier Derrée Pierre.

Rucheton

A cette date, le JMO indique "l'artillerie ennemie augmente d'intensité; 740 obus, 25 minen et 37 bombes à ailettes sur nos tranchées de ligne et de soutien. Pertes : 1 tué".

René est inhumé au cimetière de Pontavert (Aisne).

Un décret du 28 septembre 1920 autorise le rapatriement des soldats inhumés dans les cimetières du front.

Le corps de René Rucheton arrive par convoi ferroviaire, en gare de Cosne-sur-Loire (Nièvre), le 27 décembre 1921. Une cérémonie officielle a lieu, avec prise d'armes du 85° régiment d'infanterie de Cosne.

Les autorités civiles et militaires, ainsi qu'une compagnie du régiment de Cosne, rendirent les honneurs dans la cour de la gare.

L'inhumation a lieu le 29 décembre 1921 dans le carré V du vieux cimetière de Donzy le Pré où sa tombe est toujours visible.

 

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René Rucheton a été cité à l'ordre de l'Armée, décoré de la Croix de Guerre avec palme, et reçut, à titre posthume, du Ministère de la Guerre, la Médaille Militaire.

Son nom est gravé dans le Monument aux Morts de Donzy.

 


 
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17 juin 2011

Présentation du blog

Ce blog est consacré au 29° régiment d'infanterie pendant la 1° guerre mondiale, et à l'ensemble des hommes, de tous grades, de toutes origines, de toutes conditions, qui combattirent en son sein.

Un passage est consacré à René RUCHETON, mon grand-oncle, dont j'entendais parler quand j'étais très jeune, et qui est, sans conteste, celui qui m'a décidé à entreprendre toutes ces recherches, sur lui d'abord; mais là, faute de souvenirs familiaux, faute d'avoir été curieux dans ma jeunesse pour en savoir plus sur ce "pauvre René", comme l'appelait ma grand'mère, je me suis assez vite retrouvé dans une impasse.

Cependant, quantité de documents, de photos, de notes, ayant été collectés sur le premier régiment dans lequel René a servi, il m'a semblé intéressant d'en faire profiter toutes celles et tous ceux que cette période passionne.

Cette collecte a été réalisée en partie par mes soins, mais aussi par des contributrices et contributeurs, connus ou pas, que je tiens ici à remercier : mes proches qui m'ont aidé dans mes recherches sur mon grand-oncle, notamment sur les aspects généalogiques, des descendants de poilus du 29° qui ont ouvert pour moi la boîte aux souvenirs et les albums photos, et tous les amis du forum Pages 14-18 qui m'ont apporté aide et conseils pour la réalisation de ce blog, qui m'ont communiqué des documents en leur possession, ont parcouru des registres d'état civil, des archives, me faisant ainsi progresser dans mes recherches, qui sont allés pour moi (mais aussi pour d'autres) photographier des tombes dans des nécropoles, des cimetières communaux, etc...etc...Merci enfin à celles et ceux qui m'ont autorisé à créer un lien permettant d'aller visiter leurs sites et autres blogs.

Ils comprendront, j'en suis sûr, que je ne puisse les citer, au risque d'en oublier. Qu'ils sachent que c'est aussi grâce à elles , grâce à eux, que ce blog a pu voir le jour. MERCI.

Je tiens également à remercier la ville d'Autun qui hébergeait le 29° RI en 1914. Les archives  municipales m'ont fait parvenir quantité de photos ainsi qu'une copie du texte manuscrit de l'historique "succint" du régiment, qui s'achève en avril 1917 !

Je veux m'attacher à ne parler que du 29° régiment d'infanterie (RI), son parcours, ses engagements dans les affrontements qui ont jalonné ce parcours, ses hommes, officiers, sous-officiers, caporaux et soldats qui en furent les héros.

Je vous souhaite une bonne lecture. N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires, suggestions, critiques, à m'apporter tout complément d'information, tout document, toute photo permettant de maintenir le souvenir de mémoire que nous devons à ces hommes.

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