Le 29° régiment d'infanterie dans la Grande Guerre

13 novembre 2021

Georges Elie SCHELLE

Schelle (16)Georges Elie Schelle est né le 22 mai 1873 à 01h00 à Pontarlier (Doubs).

Son père, François Adolphe âgé de 44 ans, est vérificateur des douanes; sa mère, née Marie Célina Baron, est âgée de 38 ans.

Il effectue de bonnes études, obtient le baccalauréat ès lettres, est admis à l'école militaire de Saint-Cyr le 3 novembre 1894, promotion d'Alexandre III. Il en sort le 16 août 1896, nommé sous-lieutenant au 152° RI en garnison à Epinal (Vosges), promu lieutenant le 1er octobre 1898.

Le 10 février 1903 il épouse, à Beaune (Côte d'Or), Marthe Marie Sophie Thévenin.

Le 21 juillet 1903, il passe au 134° RI; promu capitaine le 26 juin 1911, il intègre le 121° RI, avant d'arriver, le 13 juillet, au 29° RI.

Il part en campagne le 2 août 1914, commandant la 10° compagnie; le 26 août, le régiment est dans les Vosges, secteur de Clézentaine. L'infanterie ennemie attaque à 9h00, puis l'artillerie entre violemment en scène; le capitaine Schelle est blessé et évacué. Il est de retour le 10 octobre.

Georges Schelle est nommé chef de bataillon le 19 octobre 1914, commandant le 2° bataillon.

Le 27 décembre 1914, le régiment est dans les Hauts de Meuse, dans le secteur d'Apremont, chargé de prononcer une offensive sur la redoute du bois Brûlé. Le commandant Schelle est blessé à la tête, est pansé sommairement et repart à la tête de ses hommes avant d'être mortellement touché à 14h00.

shd 116

Le commandant Schelle est cité à l'ordre de l'Armée, décoré à titre posthume de la Croix de Guerre avec Palme.

Il est inhumé à Boncourt (Meuse), tombe 283.

Son nom figure sur les monuments aux morts de Pontarlier, Beaune, Autun, sur le livre d'Or 14/18 de l'école de Saint-Cyr, sur des plaques commémoratives à la collègiale Notre-Dame de Beaune, à l'église Sainte-Bénigne de Pontarlier, à l'église Saint-Lazare à Autun.

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10 novembre 2021

Clovis Julien POUPET

Poupet CJ

Clovis Julien Poupet est né le 30 janvier 1863 à 02h00 à Cosne (Nièvre).

Son père Victor, âgé de 32 ans, est cordonnier; sa mère, née Honorine Eugénie LAFILLE, est âgée de 30 ans.

Le 30 janvier 1883 il entre aux Ponts et Chaussées, avant d'être appelé pour effectuer son service militaire au 4° RI en garnison à Auxerre.

Il est nommé caporal le 16 juillet 1885, passe au 85° RI en garnison à Cosne; il devient sergent le 24 septembre 1886, sergent-fourrier le 30 septembre 1886, sergent-major le 22 septembre 1887.

Le 22 avril 1889 il intègre l'école militaire d'infanterie de Saint-Maixent, promotion du Drapeau; il en sort le 24 mars 1890, nommé sous-lieutenant au 134° RI, passe capitaine au 27° RI le 1er août 1912. Il part en campagne avec le 227°RI.

Le 2 octobre 1894 il épouse, à Cosne, Victorine Gabrielle Bourgeois.

Il est promu chef de bataillon le 11 février 1915, nommé au 29° RI, commandant le 1er bataillon.

Le 20 septembre 1915, le régiment est en forêt d'Apremont (Meuse), dans le secteur de la Tête à Vache; à partie de 16h00, un violent bombardement s'abat sur le secteur par des obus de tous calibres.

Le commandant Poupet est tué à 17h00.

 

Poupet

Son corps repose dans la nécropole nationale de Commercy, tombe 2056.

Nommé Chevalier de la Légion d'Honneur le 11 juillet 1909, il est cité à l'ordre du 8° corps d'Armée le 13 janvier 1915 pour son sang froid et sa bravoure lors d'un bombardement de nuit à Marbotte, il est décoré de la Croix de Guerre.

 

 

 

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06 novembre 2021

Théodore Joseph MEHU

Méhu (8)

Théodore Joseph MEHU est né au 5  rue Philibert Laguiche, à Mâcon, le 22 novembre 1862 à 2h00 du matin.

Son père, Joseph, âgé de 29 ans, est confiseur; sa mère, née Louise Gertrude BLANDIN, est sans profession.

Il effectue de bonnes études, devient bachelier; il devance l'appel et est incorporé au 72° RI le 6 août 1883.

Il est nommé successivement caporal le 7 février 1884, sergent le 11 août 1884, sergent-fourrier le 21 janvier 1885, et entre à l'école militaire d'infanterie à Saint Maixent, promotion "fleuve rouge" 1886/1887.

Il en sort 58ème sur 459 élèves classés, nommé sous-lieutenant le 17 mars 1887, affecté au 75° régiment de ligne, nommé lieutenant le 15 avril 1891.

Le 28 mars 1893, il rejoint Saint Maixent en qualité d'instructeur, détaché du 72° RI où il était revenu le 10 mars 1898.

Il est promu capitaine au 98° RI le 17 avril 1898.

Le 18 juin 1900 il épouse, à Caluire et Cuire (Rhône), Pauline Léontine Elisabeth Nicolas.

Il est nommé chef de bataillon le 23 septembre 1913, et intègre le 29° RI avec lequel il part en campagne, commandant le 2° bataillon.

Octobre 1914, le régiment est sur les Hauts-de-Meuse, dans le secteur de Saint-Agnant/Apremont. Les combats sont incessants et violents, les pertes très importantes. Le 6 octobre, une colonne d'attaque composée d'un bataillon et de 2 compagnies du 29° et d'un bataillon du 13° RI de Nevers, placée sous la direction du commandant de Belenet, doit attaquer le bois Jurat, en face de Saint-Agnant; heure H = 14h00.

A 12h45, lors d'une reconnaissance, le commandant de Belenet est blessé et évacué; le commandant Méhu le remplace à la tête de la colonne d'attaque qui se met en marche à 14h00 après une préparation de notre artillerie; à 14h30, le commandant Méhu est mortellement blessé. Il est inhumé à Saint-Agnant.

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Son nom figure sur les monuments aux morts de Mâcon, Cluny et Roanne, ainsi que sur une plaque commémorative dans l'glise Saint-Vincent à Mâcon.

Théodore Méhu est Chevalier de la Légion d'Honneur.

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01 novembre 2021

Jean Pierre Camille GUETRON

shd 063Jean Pierre Camille GUETRON est né le 6 avril 1865 à 15h00, au domicile de ses parents, Grande Rue, à Craon (Mayenne).

Son père, Jules Auguste, âgé de 37 ans est marchand drapier; sa mère, née Marie Louise Amélie LEON, est âgée de 25 ans.

Il effectue de bonnes études, devient bachelier ès sciences.

Le 14 novembre 1884 il s'engage pour 5 ans pour le 124° RI en garnison à Laval.

 

Il est nommé caporal le 23 mai 1885, caporal-fourrier le 28 octobre, sergent-fourrier le 24 novembre, sergent le 17 avril 1887, sergent-major le 1er mai 1887.

Il intègre l'école militaire d'infanterie de Saint Maixent le 17 avril 1888 en qualité d'élève officier; il en resort le 18 mars 1889, nommé sous-lieutenant au 111° RI en garnison à Antibes, nommé lieutenant le 19 novembre 1891.

Le 21 janvier 1893, il passe au 5° bataillon d'infanterie légère d'Afrique; il effectue plusieurs campagnes en Afrique du Nord (Algérie et Tunisie) et en région saharienne.

Il rentre le 16 mai 1901, promu capitaine au 20° RI.

Le 2 septembre 1901 il épouse, à Villeneuve-Minervois (Aude), Elisabeth Caroline Miquel; le couple aura 1 fils.

Il part en campagne, le 4 août 1914, en qualité de capitaine adjudant major, adjoint au lieutenant-colonel commandant le 220° RI.

Le 24 août 1914, le régiment est engagé dans la bataille de Aton Amel en Moselle qui va causer de très nombreuses pertes au 220°; le 22 août déjà, le lieutenant-colonel Pelé, qui commande le régiment, est tué par un obus; 685 hommes sont mis hors de combat dont 22 tués, 33 blessés, 6 prisonniers, 624 disparus.

Jean-Pierre Guétron est blessé à 5 endroits, éclat d'obus au bras droit, par balle au pied gauche, plusieurs à la main gauche. Il est évacué, et sera de retour au dépôt du régiment fin novembre; incomplètement rétabli, il demande néanmoins à retourner au front, ce qui lui est provisoirement refusé par la direction de l'infanterie au ministère de la guerre.

Le 1er octobre 1915, il est nommé au 29° RI, commandant le 1er bataillon; le régiment est engagé dans les combats des Hauts-de-Meuse; puis ce sera Verdun en 1916, la Champagne en 1917,

Fatigué, il est évacué le 4 mai 1918 et il quitte le 29° le 20 août 1918 pour le 2° régiment de tirailleurs.

Il est promu lieutenant-colonel en 1919.

Cité à 2 reprises à l'ordre de l'Armée, il est décoré de la Croix de Guerre avec 2 palmes; il est Commandeur de la Légion d'Honneur.

Admis à la retraite, il se retire à Villeneuve-Minervois où il décède le 18 janvier 1952.

 

 

 

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30 octobre 2021

Antoine Louis Pierre Joseph de SIMARD de Pitray

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Antoine Louis Pierre Joseph de Simard de Pitray est né le 22 février 1869 à 22h05, au domicile de ses parents, 9 rue des Saussais, Paris 8°; il est le jumeau de François Maurice Claude Elie né à 22h00 qui, comme lui, intégrera l'école spéciale militaire de Saint-Cyr.

Son père, Louis Antoine, vicomte de Simard de Pitray, âgé de 36 ans, est major au 8° régiment de Dragons; il deviendra général de brigade; sa mère, née Marie Elisabeth Marguerite de Flavigny, âgée de 24 ans, est propriétaire.

Il fait des études supérieures, et entre à l'école spéciale militaire de Saint-Cyr le 31 octobre 1887, promotion Tombouctou.

 

Il en sort, le 1er octobre 1889, avec un très bon classement (19°/446), nommé sous-lieutenant élève à l'école d'application de cavalerie à Saumur où, là encore, il obtient d'excellents résultats, classé 5°/94 élèves classés.

Il rejoint le 7° régiments de Hussards le 16 septembre 1890, est promu lieutenant le 31 décembre 1891.

Il suit avec succès les cours de lieutenant d'instruction à l'école d'application de cavalerie du 1er octobre 1896 au 31 août 1897, et devient capitaine instructeur au 12° régiment de Hussards le 12 juillet 1903.

Le 10 février 1909 il épouse, à la mairie du 7° arrondissement de Paris, Anne Marie Thérèse de Sesmaisons, fille du général de brigade, comte Florian Jean Louis Marie de Sesmaisons. Le couple aura 1 fille, Yvonne.

Il est nommé capitaine commandant au 25° régiment de Dragons le 26 octobre 1909, puis adjoint au colonel commandant le régiment, poste qu'il occupe au début de la campagne. Il est promu chef d'escadron le 25 décembre 1914.

Il arrive au 29° RI en avril 1916, adjoint au lieutenant-colonel Lenfant; le régiment est aux Eparges, secteur de Verdun.

A plusieurs reprises il remplace le lieutenant-colonel Lenfant à la tête du régiment; à ce titre, il est cité à l'ordre du 33° CA pour avoir préparé et réglé "dans ses moindres détails", une incursion dans les lignes ennemies qui a permis de ramener 84 prisonniers et un nombreux matériel.

Il quitte le 29° RI pour prendre le commandement du 39° RI, avant d'être nommé lieutenant-colonel, commandant le 23° régiment de Dragons.

Antoine de Simard de Pitray a été cité à 4 reprises, dont une fois à l'ordre de l'Armée, il est décoré de la Croix de Guerre avec palme et 3 étoiles; il est officier de la Légion d'Honneur.

Retiré à Belvès-de-Castillon (Gironde), il y décède le 1er juillet 1943.

 

 

 

 

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29 octobre 2021

Charles Louis ORSEL

 

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Charles Louis Orsel est né le 21 janvier 1867 à 23h00, à Lyon 2° arrondissement, au domicile de ses parents, 22 rue Jaunte.

Son père, Marie Joseph Henry, âgé de 27 ans est propriétaire; sa mère, née Louise Sophie Lucille Rué des Sagets, âgée de 25 ans, est sans profession.

Il fait de bonnes études, noté 4/5 en degré d'instruction lors du conseil de révision dans le canton de Marcygny (Saône et Loire), où il demeure avec ses parents, bureau de recrutement de Mâcon, matricule 2250, classe 1887.

Le 28 octobre 1886, il contracte un engagement de 5 ans; il rejoint l'école spéciale militaire de Saint Cyr, promotion de Châlons le lendemain.

Il en sort sous-lieutenant, nommé au 38° régiment de ligne en garnison à Lyon et Saint Etienne.

Le 20 février 1893 il épouse, à la mairie du 2° arrondissement de Lyon, Marie-Joséphine Thérèse Jeanne Mathilde Guérin.

Nommé capitaine, il arrive au 29° RI le 2 avril 1902.

Il part en campagne avec le 229° RI, régiment de réserve du 29°, commandant la 19° compagnie.

Après un court passage au 134° RI (1° septembre au 1° octobre 1915), il prend le commandement de la 9° compagnie du 13° RI.

Le 4 avril 1916, il est promu chef de bataillon au 170° RI; il est blessé le 12 septembre 1916 à Cléry (Somme), par balles ayant traversé les 2 cuisses, le poignet et la main droite; il est amputé de la main droite, puis de l'avant-bras droit.

Il est hospitalisé dans plusieurs établissements sanitaires entre le 22 septembre 1916 et le 14 novembre 1917, date à laquelle il est mis à la disposition du général gouverneur de Lyon.

Le 27 août 1920, il devient commissaire du gouvernement près le conseil de guerre de Lyon.

Il est nommé Chevalier de la Légion d'Honneur le 31 décembre 1912, officier le 21 septembre 1916, commandeur le 15 mars 1921.

Cité à 2 reprises dont une citation à l'ordre de l'Armée, il est décoré de la Croix de Guerre avec palme.

Parti à la retraite, il se retire au château de la Tour des Echelles à Jujurieux (Ain), où il décède le 1er novembre 1927.

 

 

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Dans les Hauts-de-Meuse, secteur d'Apremont, septembre-octobre 1914.

Le 8° corps fait mouvement à partir du 13 septembre 1914, ayant pour mission de s'établir sur la rive gauche de la Meurthe, et de résister à toute offensive ennemie.

Le soir, le 29° est à Saint-Rémy-aux-Bois; à 23h00, il reçoit l'ordre d'embarquer le lendemain à Bayon pour Bonnecourt, à 28 km de Verdun.

L'état-major de la 16° division s'installe à Sampigny, non loin de Commercy, dans un petit château, propriété du Président Raymond Poincaré.

De son côté, la 32° brigade reçoit mission de s'établir sur les côtes de Meuse; le 29° reçoit l'ordre de se porter sur Vieville et Hattonchâtel où il cantonne le 18 septembre au soir, sous une pluie torrentielle.

 

Samedi 19  septembre 1914

A 8h30, le régiment reçoit l'ordre de se rendre à Woel, village occupé par l'ennemi. La plaine de Woëvre est détrempée par les pluies qui se sont abattues; la progression est très difficile.

A 9h30, il appuie une attaque du 85° sur Woel; à 10h15, la 5° compagnie attaque de front et met en fuite la centaine de cavaliers allemands qui l'occupaient, et qui se replient sans combattre vers Janville où se trouvent des batteries allemandes.

A partir de 13h15, le régiment est canonné, et vers 14h00, il est attaqué par 2 bataillons d'infanterie; le 3° bataillon se déploie et est rapidement totalement engagé. Vers 16h00, l'ennemi attaque en force et plusieurs compagnies sont obligées de se replier malgré le renfort des 2° et 4°compagnies du 95°. La batterie d'artillerie qui accompagne le 29° se replie à l'arrière du village.

Les combats cessent à 18h00, et le régiment reçoit alors l'ordre de gagner Saint-Maurice-sous-les-Côtes où il n'arrive que vers 3h00 du matin, sous la pluie et par des terrains marécageux.

Un prisonnier précise que les Allemands se sont également repliés, vers Joinville-en-Woëvre, plus au nord.

 

Mercredi 23 septembre 1914

La 32° brigade reçoit l'ordre de se diriger sur Sainte Menehould.

 

Vendredi 25 septembre 1914

Le régiment est ramené sur les Hauts-de-Meuse.

A 10h00, le 1° bataillon est mis à la disposition du 13° régiment d'infanterie; ils reçoivent l'ordre d'entrer dans Apremont par le sud, accompagnés par une batterie d'artillerie.

D'autres unités du régiment sont mises à la disposition de régiments de la division (85°; 95°) et participent aux opérations; à 13h00, la 6° compagnie rejoint le 85° au bois d'Ailly.

 

Ferry (13)

 

A 15h00, le 1° bataillon, sous les ordres du commandant Ferry, reçoit l'ordre de se porter sur le bois Jurat par les pentes de Saint Agnant.

 

 

 

A la nuit, l'une des compagnies se trouve à moins de 500m de l'ennemi qui occupe le bois, mais les troupes qui occupent les hauteurs d'Apremont brisent notre élan.

Louis Emile Pareille, soldat à la 6° compagnie, écrit dans son carnet "l'attaque continue, nous passons la nuit à Mécrin où nous sommes venus nous approvisionner car nous sommes sans vivres depuis la veille".

 

Samedi 26 septembre 1914

Les compagnies du régiment sont réparties en plusieurs endroits, toujours mises à disposition soit du général commandant la division, soit d'unités voisines (13° et 85° RI).

Dans la matinée, le 1° bataillon a attaqué le bois Brûlé, alors que la 6° compagnie attaquait le bois d'Ailly; l'ensemble de la brigade est engagé dans des combats violents aux bois Brûlé, Jurat, d'Ailly, Apremont, le fort de Lérouville.

Les pertes du jour sont importantes; 54 tués et de nombreux blessés. Le groupement de brancardiers divisionnaires indique que ses voitures sont remplies de blessés, qu'un second voyage est nécessaire pour compléter l'évacuation des tous les blessés.

 

Dimanche 27 septembre 1914

Les 1° et 2° bataillons restent sur leurs positions; le 3° bataillon relève le 85° régiment d'infanterie sur la ligne d'avant postes qu'il tient; cette ligne est fortement bombardée pendant la soirée et la nuit.

Le régiment enregistre 28 tués, 13 blessés et 20 disparus.

Le groupe des brancardiers divisionnaires fait état de 3 blessés graves ramenés vers l'arrière.

27091914a

situation de la 32° brigade ce jour à 20h00

 

Lundi 28 septembre 1914

Le 1° bataillon se maintient dans le bois Brûlé et dans la tuilerie de Bricourt.

A 13h00, ordre de porter 2 compagnies du 2° bataillon à Koeur-la-Petite, renforcer le 3° bataillon sur sa ligne d'avant postes.

Dans l'après-midi, la 9° compagnie subit un violent bombardement à Han-sur-Meuse, et doit se replier avant de reprendre possession du village.

Les pertes du régiment sont de 8 tués, 54 blessés et 10 disparus.

 

Mardi 29 septembre 1914

Offensive allemande sur l'ensemble du front tenu par le régiment, sans pouvoir forcer nos lignes.

Au bois Jurat, le 1° bataillon subit des fusillades intermittentes.

 

Mercredi 30 septembre 1914

Dans la nuit, de nouvelles tentatives d'attaques sont prononcées, vainement, par l'ennemi.

Le régiment reçoit l'ordre de faire mouvement vers Marbotte et Saint Agnant.

Louis Emile Pareille relate l'attaque menée par sa compagnie dans la forêt d'Apremont : "arrivés à côté de Saint Agnant, nous avons franchi une petite crête où la mitrailleuse nous a accueillis à la nuit tombante. Nous avançant toujours, nous avons mis baïonnettes aux canons et nous avons avancé. Le commandant avait dit "il faut avancer coûte que coûte". Pour déloger les boches, il y avait un plateau de 600m environ; c'est dans cet espace qu'il y a eu du sang de versé. Nous avancions par bonds ; des malheureux étaient le nez en terre. Le bruit de la fusillade était tellement violent que l'on entendait à peine le commandement. Un premier assaut fut donné à gauche; à nous le troisième. Nous arrivons à la lisière du bois à 20m où ils étaient retranchés. La fusillade n'avait que peu cessé; nous apercevions très bien leurs coups de feu d'où il s'échappait une flamme rose; des malheureux criaient".

 

Jeudi 1er octobre 1914

Dans la nuit, vers 3h00, Louis Pareille est touché par une balle à la tête; il est évacué vers Nice où il arrive le 4 octobre après 60 heures de voyage. Il se dit surpris par l'accueil chaleureux de la population.

Une attaque générale est programmée pour 15h00; les 2° et 3° bataillons sont à Saint Agnant, à la disposition du commandant de la brigade. A 15h00, celui-ci donne le signal de l'attaque; les 2 bataillons partent du cimetière de Saint Agnant pour attaquer le bois Jurat par sa lisière sud-ouest, encadrés par des éléments du 13° régiment d'infanterie.

Les lignes de tirailleurs atteignent le plateau situé au sud-ouest du bois Jurat, prêtes à l'attaque, alors que 2 compagnies sont restées en réserve légèrement en arrière.

A 17h15, l'artillerie donne le départ de la marche en avant qui s'effectue sous un violent feu provenant des tranchées ennemies.

18h15, la nuit est tombée, le combat cesse provisoirement et reprend vers 19h15 avec ordre de s'engager à fond. Une mitrailleuse ennemie, placée à la corne sud-est du bois Jurat, prend de flanc nos lignes de tirailleurs et leur font subir de lourdes pertes.

A 20h00, la 12° compagnie (lieutenant de réserve Ponsart) et une partie de la 11°(sous-lieutenant Arnoux) atteignent la lisière du bois Jurat, et réussissent à s'y maintenir à 30m des lignes ennemies, mais sont stoppées dans leur progression. Le sous-lieutenant Arnoux est tué.

Le 2° bataillon ne peut plus progresser également, ayant trouvé devant lui des réseaux de fil de fer barbelé.

A 24h00, le commandant de Belenet, qui commande l'attaque, ordonne le repli vers les tranchées face au bois Jurat, précédemment occupées par le 13° régiment d'infanterie; le 3° bataillon, très éprouvé, rentre à Saint Agnant qu'il atteint à 4h00 du matin le 2 octobre. Le 1° bataillon, qui n'a pu déboucher, se maintient dans la redoute du bois Brûlé.

L'organisation défensive des Allemands rendent vains nos assauts renouvelés du jour, mais aussi ceux des jours suivants.

Si le JMO fait état de 25 tués, 207 blessés et 77 disparus, le nombre de tués (fiches MDH à la date du 1er octobre) est de 113.

 

Vendredi 2 octobre 1914

Dans la nuit, l'ordre est arrivé à la brigade de reprendre l'offensive contre le bois Jurat.

A 14h00, le régiment en est avisé, un plan d'attque est arrêté; les 11° et 12° compagnies restent à Saint Agnant, en réserve auprès du colonel commandant l'infanterie divisionnaire, alors que les 2 autres compagnies du 3° bataillon (9° et 10°) occuperont des tranchées à l'ouest de la localité, en vue de la défendre contre toute attaque venant d'Apremont.

Le 2° bataillon, à l'exception de la 8° compagnie, se portera en avant, encadré par 2 bataillons du 13° régiment d'infanterie de Nevers. La 8° compagnie appuiera cette progression de ses feux.

A 16h45, tout le dispositif est en place, et à 17h10, le tir de l'artillerie et des mitrailleuses donne le signal de la marche en avant. La progression se heurte très vite au feu nourri de l'ennemi, et doit cesser. Les hommes sont à 250m de la lisière du bois Jurat, stoppés par des mitrailleuses placées dans des tranchées à 15m d'eux. Ils creusent des abris pour se protéger.

4 hommes sont tués, deux convois de brancardiers divisionnaires ramènent 26 blessés à Lérouville, dont un gravement atteint.

 

Samedi 3 octobre 1914

Des échanges de coups de feu s'entendent toute la nuit.

Les troupes restent sur leurs positions.

Des éléments du 29° effectuent une reconnaissance, s'approchent à 50m de la pointe sud du bois Jurat, mais ne peuvent aller plus loin du fait d'obstacles,fils de fer, qu'ils ne peuvent franchir malgré le soutien du génie.

 

Dimanche 4 octobre 1914

Le chef de bataillon de Belenet prend le commandement du régiment.

07101914

Le bataillon Ollié est face à Apremont; le bataillon Ferry est au repos à Saint Agnant; le bataillon Méhu est face au bois Jurat.

 Dans l'après-midi, l'artillerie lourde allemande bombarde Saint Agnant, le bois Brûlé et tout le secteur.

 

 Lundi 5 octobre 1914

Les différentes unités du 29° restent sur leurs positions de la veille au soir.

Saint Agnant est de nouveau bombardé à partir de 10h00.

Les ordres pour le 6 octobre sont de renouveler l'attaque du bois Jurat; heure H = 14h00.

16 blessés sont ramenés à l'hôpital d'évacuation de Lérouville par les brancardiers divisionnaires, dont 4 couchés.

 

Mardi 6 octobre 1914

A 12h45, lors d'une reconnaissance, le commandant de Belenet est blessé par une balle tirée d'Apremont, et est évacué.

 

shd 052

Le commandant Méhu prend la tête de la colonne d'attaque.

L'artillerie lourde et l'artillerie de campagne commencent à tirer pour préparer l'attaque de l'infanterie qui se met en marche à 14h00, en direction du bois Jurat; très vite la progression est contrariée par des feux nourris de mitrailleuses et d'artillerie ennemies; une partie des hommes du 2° bataillon ne peuvent sortir de leurs abris.

brunet (9)

Le capitaine Brunet-Lecomte, commandant la 5° compagnie, est mortellement frappé d'une balle à la tête à 14h30; le commandant Méhu, commandant le 2° bataillon se porte en 1° ligne pour faire sortir ses hommes; il tombe à son tour, mortellement blessé.

 

 

 

A 17h00, l'attaque est enrayée par les feux de l'ennemi; les hommes restent sur leurs positions.

Le colonel Marié, commandant la 32° brigade, tente d'expliquer cet échec : insuffisance de la préparation d'artillerie, l'artillerie lourde n'ayant pas arrosé le bois Jurat; le terrain à parcourir à découvert pour aborder la lisière du bois était trop étendu; l'ennemi était bien abrité, pourvu de nombreuses mitrailleuses; attaque hésitante du fait de la succession de commandement; manque de cadres; hommes atteints moralement suite à la fatigue due aux marches harassantes, et qui ont progressé parmi les cadavres des combats précédents.

Dans le secteur d'Apremont, on a relevé la présence des plusieurs régiments d'infanterie bavarois (7°; 11°; 19°), et du 3° bataillon de pionniers bavarois.

7 hommes, dont 2 officiers, sont tués; 23 blessés sont ramenés vers l'hôpital d'évacuation de Lérouville.

 

Mercredi 7 octobre 1914

Comme chaque jour, les ordres sont de poursuivre l'offensive et de chercher à gagner du terrain.

La 4° compagnie est détachée à la redoute du bois Brûlé.

A 9h00, Saint Agnat est bombardé.

 

GeneralValentin

Le lieutenant-colonel Valentin prend provisoirement le commandement du régiment.

 

Vendredi 9 octobre 1914

Nommé colonel, le lieutenant-colonel Valentin prend le commandement de la 32° brigade.

 

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Il est remplacé à la tête du 29° RI par le chef de bataillon Gésipe.

 

Samedi 10 octobre 1914

De violentes attaques se sont produites pendant la nuit, particulièrement sur le bois Brûlé; Saint Agnant est de nouveau bombardé.

Même si l'état physique et moral des hommes se maintient, l'alimentation ne se fait que pendant la nuit au prix de grandes difficultés, d'une part en raison de la proximité de l'ennemi, mais aussi du fait des bombardements incessants qui causent en plus des insomnies affaiblissant les hommes.

 

 Dimanche 11 octobre 1914

Le front se stabilise, même si les bombardements se poursuivent; aux dire d'un prisonnier autrichien, des obus de 305 ont été tirés; ce bombardement a duré plusieurs heures.

 

Samedi 17 octobre 1914

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Le chef de bataillon Perrin, du 23° BCP, est nommé lieutenant-colonel et prend la tête du régiment.

 

Dimanche 18 octobre 1914

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Le secteur tenu par la 32° brigade est découpé en 3 sous-secteurs; celui de droite est sous la direction du lieutenant-colonel Perrin, et s'étend de la route Saint Agnant à la corne est du bois Brûlé.

 

Ce sous-secteur, baptisé par la suite "tranche", sera occupé par le régiment jusqu'au 19 janvier 1915.

Cependant, les bataillons sont régulièrement détachés dans les secteurs voisins, notamment à la redoute du bois Brûlé, où il subit des bombardements continuels, de nombreuses attaques ennemies qui leur causent des pertes élevées (plus de 650 tués) et une extrême fatigue des hommes.

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19 octobre 2021

Août/septembre 1914 : la bataille des frontières, la bataille de la Mortagne.

L’entrée en guerre : un mois d’août meurtrier !

 

Delaunay_3Le régiment, sous le commandement du colonel Delaunay se met en route le 6 août 1914. Il comprend 3345 hommes et 188 chevaux, qui quittent Autun, par voie ferrée, à 2h08 pour l’Etat-Major et le 1° bataillon, jusqu’à 12h48 pour le 3° bataillon, en direction des Vosges, où va se retrouver l’ensemble du 8° corps d’armée auquel appartient le 29°.

Le 9 août, un peu avant 22h00, le régiment se prépare à quitter son cantonnement à la verrerie de Portieux (Vosges). Le médecin aide-major de 2° classe André Pélissier se tue en tombant de cheval. Il est le premier mort du régiment.

Le 10 août, la 16° division de porte sur la Meurthe qu'elle franchit le lendemain; le 29° est à Fontenay-la-Joûte, à disposition du général commandant la division.

Les premiers ennemis, des Uhlans, sont aperçus le 12 août près de Sainte Pole en Meurthe et Moselle. Des hommes du 3° bataillon ouvrent le feu, et tuent ou blessent trois Allemands. Le 2° bataillon est soumis à des tirs d’artillerie qui ne font qu’un blessé à la 10° compagnie, les obus éclatant trop haut.

Il fait une chaleur insoutenable, et nombreux sont les hommes incommodés, incapables de marcher.

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Le commandant Aubert informe le colonel Delaunay de la mort d’un réserviste à la 11° compagnie, victime d’un coup de chaleur, et de l’état alarmant, pour les mêmes raisons, d’un caporal. Il signale l’état de grande fatigue de ses hommes, éprouvés tout à la fois par ces fortes chaleurs et par les 2 journées, « très dures » qui viennent de s’écouler. « Ils auraient besoin d’être ménagés pendant 24 heures pour se trouver à même de fournir un effort sérieux ».

 

 

 Le 13 août, le régiment est au repos à Fontenoy-la-Joûte où il avait reçu l'ordre, la veille, de se rendre "par le chemin le plus court".

A 15h15, le général Maud’huy200px_Maud_huy, qui commande la 16° DI, annonce qu’une offensive aura lieu le lendemain.

Un peu plus tard, le colonel Marié, commandant la 32° brigade, informe le colonel Delaunay qu’un habitant de Herbévillers, chassé de chez lui, a signalé que le village que doit atteindre le 29° le lendemain, Domèvre, est occupé par 150 cavaliers allemands environ. La veille, 12 août, le village était encore occupé par 2 régiments de cavalerie et 1 régiment d’infanterie bavaroise.

 

 

Vendredi 14 août

A 3h00, l’ensemble du 8° corps se met en route avec comme objectif l’enlèvement de Domèvre. Cet objectif est atteint à 14h40.

Certaines observations signalent que l'ennemi a évacué le village après l'avoir incendié.

Le 29° RI progresse jusqu’à Herbévillers qu’il atteint sans difficulté à 10h00, et où il installe son poste de secours régimentaire.

A peine arrivé, le 1° bataillon (de Belenet) reçoit l’ordre de se porter à l’attaque avec Domèvre comme objectif. La formation Projet2de combat est prise à 10h25, avec les 2° et 3° compagnies en première ligne. La marche en avant s’exécute tout d’abord sans difficulté, mais à 11h00, les 2 compagnies sont prises sous un violent feu d’infanterie, et à 11h30, la 3° compagnie est stoppée par des tirs provenant d’un bosquet situé à 1500 mètres de Domève, et subit des pertes sensibles. Tous les efforts faits pour dégager cette compagnie restent vains jusqu’à l’entrée en scène de la 8° compagnie qui dirige une attaque à la baïonnette sur le bosquet ; L’ennemi se retire avant la prise de contact. Dans son rapport, le chef de bataillon fait état de 18 morts, 40 blessés et 3 disparus au cours de cette attaque.

Pelleport

 

 

A la 8° compagnie, un homme fait l'admiration de tous. Wladimir de La Fite, marquis de Pelleport, mais familèrement appelé Comte de Pelleport, s'est engagé au 29° RI, à l'âge de 59 ans, dès la mobilisation générale. Lors de cette attaque sur Domèvre, il entraîne toute la compagnie derrière lui en criant en avant, et en s'élançant sus à l'ennemi. Les Allemands s'enfuient, il les poursuit avec son capitaine et ses camarades. Le soir, il est nommé soldat de première classe.(faits et écrits rapportés par M. Talmeyr dans Portraits de la Belle France).

 

 

 

 

 

 

 

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A 11h00, le 1° bataillon marche à l’attaque de la lisière sud du bois des Prêtres, au nord de Domèvre. Il est stoppé vers 11h45 par des coups de feu venant de l’est. Le 2° bataillon (Méhu), situé plus au sud, au bois Banal, vient en appui du bataillon Belenet et oblige l’ennemi à se retirer dans le bois des Prêtres.

A 12h30, le général commandant la 16° division décrit la situation : « en face de Domèvre, un bataillon (le 1er) du 29° est arrêté à 700m à l’ouest de la localité, et ne peut progresser. Il va recevoir l’appui d’un autre bataillon du 29° (le 2ème) et de 2 groupes de l’artillerie divisionnaire ».

Le service de santé de la division signale que les combats sont intenses, faisant de nombreux tués et blessés de part et d’autres !

La progression peut reprendre en direction de Domèvre, que le régiment traverse à 15h00, pour prendre aussitôt la direction de Verdenal où il bivouaque pour la nuit.

A 14h40, le général Maud’hui peut écrire : « Domèvre est en notre possession ».

A 19h45, la division est informée que la région de Blamont est occupée par le 1° corps bavarois, le 7° corps de cavalerie prussienne et la division de cavalerie bavaroise; 2 régiments, les 12° et 15°régiments d'infanterie, sont identifiés suite à des récupérations d'équipements et d'armes sur le champ de bataille; des blessés soignés à l'hôpital de Blamont appartiennent au 20° régiment d'infanterie.

Quelque temps après, le colonel commandant la 32° brigade adresse un message aux unités placées sous son autorité : "on prendra les armes demain au lever du jour".

Le 29° reçoit l’ordre, pour cette journée du 15 août, de déboucher de Domèvre par la sortie est à 4h00. il est à la disposition du général commandant la division, la compagnie 8/3 du génie lui est rattachée.

A l’issue de cette première journée de combat, le 29° enregistre 20 tués, 46 blessés (environ 40 seront évacués) et 4 disparus.

Samedi 15 août 

La division poursuit son offensive en direction du nord-est, avec comme premier objectif la prise des hauteurs de Blamont. Le régiment est scindé en 2, les 1° et 2° bataillons sont mis à la disposition du général commandant la division, le 3° bataillon est mis à la disposition de la brigade pour participer à la prise du château de Sainte-Marie, au nord de Blamont, avec le 13° RI.

Les différentes unités progressent sans difficultés, l’ennemi s’étant replié. A 16h30, le 29° franchit la frontière, les poteaux sont jetés dans la rivière, il est en territoire ennemi, et il cantonne le soir à Richeval (Moselle) avec l’état major de la brigade.

Wladimir comte de Pelleport écrit à son épouse depuis le domicile du maire de Richeval :"nous avons passé la frontière hier soir à 17h00, et arraché le poteau aux couleurs allemandes. Il pleuvait à torrents..."

Un très fort orage s’abat sur toute la région en fin de journée, et redouble d’intensité au cours de la nuit.

 

                    

 

Dimanche 16 août

Il pleut. L’ennemi est remonté plus au nord, dans la région d’ Héming. Le 29°, toujours dans le secteur de Richeval, surveille la partie droite vers Hattigny. Toute la journée il subit les assauts de l’artillerie lourde allemande.
A 8h25, le commandant Aubert (3° bataillon) dit occuper les objectifs prescrits, mais il est sans nouvelle de la compagnie Jordan (9° Cie) « qui semble s’être perdue ».

A 16h45, le colonel commandant la brigade adresse un message au colonel Delaunay : « les distributions n’arrivant pas à temps, on pourra réquisitionner dans les villages occupés. On y trouvera un peu d’avoine et de blé, du sucre et du café, des pommes de terre dans les champs qu’on pourra arracher et faire cuire, et de la viande en quantité suffisante ». Dans un autre message, il demande « qu’on examine, dès aujourd’hui, les ponts pour s’assurer qu’ils ne sont pas minés, Inspecter les cantonnements pour s’assurer qu’il n’existe pas de téléphones ni de télégraphe souterrains, ni d’appareils de TSF, ni de pigeons voyageurs. Faire annoncer par les maires que les habitants qui garderaient des moyens de communication avec l’ennemi seraient passibles de la peine de mort ». Il annonce enfin que le génie détruira les repères de tirs.

Le service de santé divisionnaire assure que l’état sanitaire des troupes reste satisfaisant, mais note un état de fatigue croissant chez les hommes, s’expliquant par des marches répétées par des températures élevées.

Les pertes de cette journée sont de 1 mort, 1 disparu et 1 blessé.

Des cartes postales, saisies sur des blessés et des prisonniers allemands, signalent que le 1° corps bavarois a subi des pertes sévères les 14 et 15 août.

 

Lundi 17 août


carte1Le 29° se dirige vers Aspach (1° et 2° bataillon), et un peu plus au nord à Landange (3° bataillon). L’ennemi continue de se dérober vers le nord, et, à 11h45, la division est avisée que les Allemands ont évacué Héming. Ordre est donné d’occuper les positions évacuées par l’ennemi.

Ecoutons de nouveau le comte de Pelleport depuis Aspach :"un régiment entier s'est rendu, le 109°, colonel en tête. Nous avoons pris 19 camions automobiles superbes, une auto de luxe avec 4 officiers allemands...nous marchons sans arrêts..."

 

Mardi 18 août

L’ennemi poursuit sa retraite, facilitant ainsi la progression du 8° corps qui arrive devant Sarrebourg, défendu par des positions qu’il faut enlever d’assaut.
 
Le 29° RI occupe la ferme St Hubert, la lisière nord du bois de Rinting, en liaison avec la 15° DI. 
A 5h30, le 1° bataillon (de Belenet) quitte Aspach et rejoint l’ensemble du régiment à Landange à 6h10. Il quitte Landange à 7h00, et à 14h00, il est désigné pour être réserve de brigade.
A 11h30, le régiment reçoit l’ordre d’appuyer l’action du 95° RI,  désigné pour attaquer Sarrebourg, en dirigeant 2 compagnies sur Hoff, et 2 sur la station de Sarrebourg.

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 C’est le 2° bataillon (Méhu) qui assurera ce soutien.

 

 

A 14h45, le colonel Delaunay reçoit l’ordre du commandant de la 32° brigade de se défendre sur les positions tenues, et « de ne pas soutenir les compagnies de Hoff » « contentez-vous de les recueillir ». Il ajoute « l’opération de Sarrebourg n’est qu’une opération accessoire à laquelle le commandant de corps d’armée ne veut pas consacrer plus de troupes qu’il n’en a désigné ».
En conséquence, à peine arrivé à Hoff (15h45), le commandant du 2° bataillon reçoit l’ordre de ne pas quitter sa position sans nouvel ordre. Acquiescement du commandant de Belenet qui ajoute « nous restons, mais alors où sont nos sacs et nos chevaux ? Je préfèrerais avoir tout mon bataillon » faisant allusion aux 2 compagnies parties en reconnaissance. Il signale n’avoir devant lui que de l’artillerie « les fantassins ont battu en retraite ».
Nos troupes pénètrent dans Sarrebourg vers 15h30. Les habitants réservent un accueil chaleureux à nos soldats, mais ils les mettent en garde contre une possible contre offensive ennemi dont les effectifs, tant en hommes qu’en canons, sont très nettement supérieurs aux nôtres. Le lieutenant Jacques Péricard, du 95° RI, écrit que « la retraite allemande n’est qu’une ruse, destinée à nous amener sur des emplacements de combat choisis par eux »
A quelques kilomètres au delà de Sarrebourg, le 8e Corps va se heurter à de nouvelles positions sur lesquelles sont accourus de nombreux renforts allemands, notamment le 1° corps bavarois, qui se trouvait en face du 8° CA il y a quelques jours. L'artillerie lourde ennemie s'est installée sur les hauteurs qui dominent la Sarre.

 

Mercredi 19 août

L’offensive se poursuit, l’objectif de la journée pour la division étant les hauteurs de la rive droite de la Sarre. Le 29°, partant de la lisière nord du bois de Rinding, doit se porter sur le bois de Etzerwald, et pousser des reconnaissances sur Sarraltroff.

L’ordre préparatoire d’attaque est donné à 6h15 par le général commandant la 16° DI.

A 7h30, le 1° bataillon est à l’arbre du Haut Clocher, et le 3° à la pointe nord de Oberwald. Le 2° bataillon est en réserve, mais fournit une compagnie en soutien d'artillerie; tout au long de la journée, il est pilonné par l'artillerie ennemie sans pouvoir répondre (64 hommes mis hors de combat, dont 5 tués).

Très vite la 1° compagnie, qui se dirige vers Sarraltroff est prise pour cible, à 08h45, par l’artillerie ennemie, puis les autres compagnies à tour de rôle, « on dirait qu’un signal indique le tir à faire » écrit le chef de bataillon de Belenet (un téléphone serait caché dans une ferme, au dessus de laquelle se tient un ballon captif). La 1° compagnie se replie dans le bois voisin de Sarrewald où elle reste qu'au lendemain à 10h30, quand elle est déplacée pour protéger la retraite de 2 autres compagnies du bataillon (3° et 4°).


A 8h20, le régiment occupe le bois de Etzerwald (3° bataillon, qui signale qu’il voit des fantassins ennemis s’enfuir), et vers 9h00, il arrive à hauteur de la route Hoff-Dolving, et apprend que Dolving est occupé par l’ennemi, bientôt chassé du village par un bataillon du 227° RI.
Le 29° peut alors reprendre sa marche en avant, et vient s’établir face à la Sarre (1° bataillon). Le commandant de Belenet dit ne voir en face de lui « que de l’artillerie ennemie sur les côtes de la Sarre ».
La liaison avec le 3° bataillon n’a pas encore été réalisée, et le commandant du 1° bataillon demande des ordres « puis-je marcher de l’avant, ou stopper, ou tirer sur l’artillerie ennemie ? »
A 12h05, il envoie un agent de liaison auprès du 3° bataillon porteur de ce message « je suis à la lisière du bois de Sarre, on ne me signale devant moi que de l’artillerie ennemie, je suis prêt à déboucher si vous êtes prêts ». A 14h10, le bataillon Aubert n’ayant toujours pas débouché, le commandant de Belenet fait stopper ses compagnies.
 A 13h25, le colonel commandant le 29° avise le colonel commandant la brigade qu’il entend un engagement assez violent dans le secteur de Dolving. En réponse, le colonel Marié fait état d’un renseignement, reçu du corps d’armée, faisant connaître que l’ennemi va prononcer un retour offensif sur Dolving et les hauteurs à l’ouest et à l’est du village ; « prenez vos dispositions pour le recevoir, l’artillerie vous appuiera ».

Pendant ce temps, des reconnaissances sont effectuées, notamment pour déterminer des possibilités de franchissement de la Sarre que le régiment doit chercher à franchir pour marcher sur Sarraltroff, tout en s’assurant un repli sur les bois, le cas échéant.

 Mais aussitôt que les troupes françaises apparaissent, une formidable canonnade est déclenchée par l’ennemi, qui oblige nos fantassins à se replier et à se terrer. Cette situation dure tout le reste de la journée, et fait subir de lourdes pertes aux unités engagées. Le service de santé divisionnaire fait état « de pertes considérables ». Les Allemands, fortement organisés dans leurs tranchées, renseignés par des intelligences locales sur les faits et gestes de nos troupes, sont hors de portée de nos fusils et de nos canons. Les hommes du 29° n’ont quasiment tiré aucun coup de feu de la journée !

A 18h00, le commandant Aubert dit tenter de soutenir le 1° bataillon face à Sarraltroff, mais que suite à la canonnade ennemie, qui confirme un retour offensif de sa part,  il ne dispose plus que de 2 compagnies et demie.
A 18h30, le commandant Aubert envoie un message au colonel « comme l’attaque de l’infanterie ennemie ne se produit pas, que je ne sais pas où se trouve le bataillon de Belenet malgré mes efforts, je reprends mes emplacements primitifs à la croupe nord-est du bois d’Ezelwald ».
A 18h45, le commandant de Belenet adresse un message à son chef de corps l’assurant qu’il ne songe pas à la retraite « sauf nécessité absolue et malgré moi », qu’il a préparé des contre attaques ; il décrit ainsi la situation « l’ennemi se fortifie de plus en plus dans Sarraltroff, construit des barricades et fait des créneaux dans les murs, et des trous dans les toits. Actuellement il fait la soupe dans le haut du village. On entend des roulements de voitures…j’ai placé la section de mitrailleuses au coin nord de Etzelwald. Malheureusement mes hommes n’ont rien à manger. Leur moral est parfait".
A 19h00, ordre est donné de bivouaquer sur place.

Le bilan s’établit à 16 morts, 40 blessés et 15 disparus.

Jacques Péricard écrit : "L'attaque de la 32e brigade, le 19, nous a coûté de grosses pertes. Elle s’est heurtée à d'innombrables réseaux. L'artillerie ennemie a fait, parmi nos troupes, des ravages effrayants ".

A 24h00, le général commandant la DI annonce que "le 29° RI devra, le plus tôt possible le 20 août, attaquer l’ennemi dans la direction Sarraltroff".

 

Jeudi 20 août

C’est la 15° division qui doit se porter à l’attaque de Sarraltroff.
A la 16° division, le général Maud’huy dit avoir donné l’ordre au 29°, "qui s’était retiré pour la nuit à l’intérieur et en arrière de Etzerwald, d’en réoccuper les lisières est et d’être prêt à attaquer par Sarraltroff. Mais le régiment est si dispersé que l’attaque ne pourra être violente" !
Cette offensive échoue. Les unités, pas assez appuyées par notre artillerie qui ne parvient pas à trouver d’endroits pour installer ses pièces, et tirer à vue sur l’ennemi, sont prises sous une violente canonnade, l’artillerie ennemie étant renseignée sur les mouvements de nos troupes par des survols d’avions, mais aussi par des espions qui signalent nos positions. L’infanterie allemande, fortement retranchée dans la ville, ne semble pas vouloir en sortir.
L’ensemble de la 32° brigade est entrainé dans la retraite précipitée de la 15° DI, et va tenter de s’arrêter à l’arbre du Haut Clocher.
Lors de ce repli, sous l’incessante canonnade et les tirs de mitrailleuses, le colonel Delaunay est blessé au bras un peu après 11h00 ; il passe le commandement du régiment au chef de bataillon Aubert qui, blessé à son tour, également au bras par une balle de schrapnell, à 13h00, délègue ses pouvoirs au chef de bataillon de Belenet, qui organise la retraite des différentes compagnies du régiment (les 3° et 4° Cies signalent que notre première ligne est totalement évacuée, qu'il leur est impossible de progresser du fait de tirs d'artillerie et d'infanterie importants, qu'elles se replient), rassemble des hommes égarés appartenant à différentes autres unités pour organiser une ligne de défense.
Le colonel Marié envoie un message au général Maud’huy, lui indiquant que le bataillon du 29° RI qui était devant Sarraltroff "reflue sans qu’il soit possible d’arrêter son mouvement. Delaunay et Aubert blessés ; suis moi-même contusionné".
Mais l’artillerie ennemie fait des ravages, amenant les hommes à se replier encore plus loin. A 15h00, ils aperçoivent les premiers éléments de l’infanterie ennemie qui ne peut cependant déboucher.
Une batterie de 77 allemande s’installe à découvert au nord-est de Dolving, et ouvre le feu. Le chef de bataillon de Belenet est légèrement blessé à une oreille. Le repli se poursuit jusqu’aux abords du bois d’Oberwald. Dans la confusion générale, l’artillerie française, elle aussi entraînée dans cette retraite, tire trop court et crée des pertes dans nos lignes.


Le bilan, pour le régiment est terrible. Le commandant du 1° bataillon indique que ses pertes en tués, blessés et disparus, sont des 374 hommes et 6 officiers ; lui-même est blessé à l'oreille droite (violente contusion) au signal du Haut Clocher. Le JMO indique 26 tués, 153 blessés et 382 disparus ; le fichier Mémoire des Hommes donne 150 tués à cette date ;  à l'appel du soir, il manque 120 hommes à la 1° Cie, 72 hommes ont été tués ou blessés à la 2° Cie; il manque 82 hommes à la 3° compagnie; la 10° compagnie ne compte plus que 66 hommes !
Trois commandants de compagnies ont été tués : les capitaines Vieu, 2° compagnie, Archaimbault, 8° compagnie, et Jordan, 9° compagnie ; le capitaine Ruello, commandant la 12° compagnie, blessé, a été fait prisonnier, comme de nombreux hommes du régiment.

 

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monument commémoratif

 

Le JMO du service de santé divisionnaire signale que :"les pertes furent énormes pour la 16° division qui dut malheureusement abandonner tous ses blessés aux mains de l’ennemi".
Parmi eux le comte de Pelleport, blessé à la cuisse droite. Il écrira à son épouse, le 25 août :"j'ai été ramassé par les Allemands qui me  traitent bien...je suis à Saaraltrof".                                                                                                                                                                                                                                                                             Malheureusement, la blessure est grave, provoquée par un éclat d'obus et non une balle comme Wladimir de la Fite l'a initialement cru; transporté de l'ambulance de Sarraltroff au lazaret d'Heilbronn, le comte de Pelleport expirait à son arrivée. Il sera cité à l'ordre de l'Armée. 

Deux médecins majors du régiments, Ernest Bourgeon et Philippe Lesbre, tombent aux mains de l'ennemi alors qu'ils portent secours à plusieurs centaines de blessés; l'intensité des tirs d'artillerie et d'infanterie a rendu impossible toute tentative d'évacuation de ces blessés, dont certains très grièvement atteints   

Louis Emile Pareille, soldat à la 6° compagnie, écrit dans un carnet :"le régiment fut bien éprouvé; au soir il nous manquait 1000 hommes"

Vendredi 21 août

Les ordres pour cette journée sont de se maintenir sur les positions prises la veille sur la rive sud du canal de la Marne au Rhin ; les passages de ce canal devront être solidement tenus par les arrières gardes, le génie, et l’artillerie qui devra être en place face au nord pour 3h30.
"La matinée du 21 devra être employée à se retrancher, à remettre de l’ordre dans les unités et à les ravitailler en vivres et en munitions".

Le 1° bataillon et la compagnie 8/4 du génie ont passé la nuit à surveiller et à sécuriser le passage des ponts d’Héming. Ils sont rejoints par un escadron de dragons qui dispose ses mitrailleuses pour battre le pont

A 4h00, une alerte se produit et le bataillon se rend sur les crêtes avoisinantes, face au village. Il subit quelques pertes.
A 4h45, le général commandant la division donne l’ordre à la 32° brigade de tenir les ponts sur le canal de la Marne au Rhin à Héming, le 29° étant en première ligne sur le canal.

Tous se terrent dans des fossés le long de la route de Strasbourg, ainsi que dans des tranchées qu’ils creusent eux-mêmes. L’artillerie française tire au-dessus de leurs têtes, mais à un moment ces tirs tombent sur nos hommes et font des victimes parmi les fantassins du 29°. Malgré les alertes communiquées à notre artillerie, cette situation se renouvellera à plusieurs reprises, causant des pertes également parmi les sapeurs et les dragons.


Le chef de bataillon Aubert reprend le commandement du régiment. Il communique l’ordre suivant : "la chose la plus essentielle est de reconstituer les unités ; les commandants de bataillon et tous les cadres y consacreront tous leurs efforts aujourd’hui ».
A 7h00, un ordre de retraite parvient et donne les nouveaux objectifs de repli ; il se termine en ces termes : « exécution immédiate" !

A 9h00, les 2 ponts de Héming, minés par le génie, sautent, mais l’un des 2 ne tombe pas.


Cette retraite se poursuivra toute la journée, en compagnie de l’artillerie de campagne et des compagnies du génie, sans toutefois être contrariée par l’ennemi.
Au soir, le régiment cantonne à Verdenal.
7 hommes ont été tués au cours de la journée, auxquels il convient d’ajouter plusieurs blessés des journées précédentes, décédés dans les ambulances.

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Samedi 22 août

Le mouvement de repli se poursuit et s’accentue.

Vers 6h00, l’ennemi se signale par une canonnade sur nos positions, et l’apparition d’infanterie.
Le 1° bataillon, placé en réserve d’armée, reçoit l’ordre d’aller occuper, en 1° ligne, la crête au-dessus du ruisseau de Verdenal. Il se retrouve sous le feu de l’artillerie ennemie, et à 11h30, il se replie.

La brigade repasse Domèvre et se dirige, ainsi que l’ensemble de la division, vers Mignéville, par le bois Banal et le bois Lecomte, avant d’atteindre Hablainville.
Le 29°, un groupe d’artillerie, la compagnie divisionnaire 8/4 du génie et 2 pelotons de cavalerie forment l’arrière garde de la division, et reçoivent l’ordre de rejoindre également Hablainville, qu’ils atteignent à 18h00. Ils s’y arrêtent pour la nuit, en cantonnement d’alerte.
Dans son compte rendu journalier, le commandant du 8° corps écrit : "la 16° DI ne se compose plus que de débris, et ne peut être considérée que comme un soutien d’artillerie....notre infanterie se plaint que notre artillerie lui ait encore tiré dessus; c'est ce qui la démoralise le plus !"


 Dimanche 23 août

L’arrière garde à laquelle contribue le 29° reçoit l’ordre de se porter sur Flin. Les premiers départs auront lieu à 3h30.
Le régiment entre dans les Vosges, et Flin est atteint à 5h00 ; le groupe reçoit alors comme mission d’assurer l’arrière garde du CA qui continue son repli pour mieux se reconstituer. La marche reprend malgré l’extrême fatigue des hommes qui parviennent en fin de journée dans le secteur de  Fauconcourt où bivouaque le 2° bataillon, les 2 autres poursuivant jusqu’à Moyemont.

Le général commandant la division rappelle qu’une ration d’eau de vie doit être accordée à toute unité qui bivouaque !

Lundi 24 août


Journée de repos tout relatif pour permettre aux hommes de se reposer, et aux unités de se reconstituer.

Des renseignements, confirmés par des observations aériennes, informent la II° Armée sur une concentration massive de troupes appartenant à la VI° Armée allemande de Rupprecht de Bavière (1°, 2° et 3° corps bavarois, et 21° corps) dans son secteur. Le GQG, également informé des mouvements de l’ennemi, ordonne à Dubail, commandant la I° Armée, de mettre le 8° corps à la disposition de Castelnau, commandant la II° Armée.

A midi, le 8° corps reçoit l’ordre de reprendre l’offensive malgré les pertes enregistrées (1/3 de son effectif), notamment au niveau des officiers, et de marcher en direction générale de Vennezay /Moriviller ; la 16° DI reçoit mission de marcher sur Rozelieures et Mattexey. C’est le début de la bataille de la Mortagne, affluent de la Meurthe.
A 14h00, les éléments du 29° stationnés à Moyecourt, reçoivent l’ordre de se tenir prêts à attaquer Clézentaine. A 17h00, ils se portent sur Fauconcourt où ils rejoignent le reste du régiment. Le commandant Aubert, qui a été blessé le 20 août, est évacué. Le commandant de Belenet prend le commandement du régiment.

A 18h15, le général commandant la 16° division décide d’attaquer Clézentaine. C’est à la 31° brigade qu’incombe cette mission, le 32° étant en soutien. Le 1° bataillon est néanmoins mis à la disposition du 13° RI afin d'appuyer, "s'il y a lieu", une attaque sur Clézentaine.

Clézentaine ayant été pris sans combattre par le 85° RI, toutes les unités reçoivent l’ordre de bivouaquer sur place pour la nuit.
Les Allemands ont été repoussés sur tout le front de la II° Armée.

 

Mardi 25 août

L’offensive reprend, heure H = 04h00. L’objectif de la division est Mattexey, où les premiers éléments entrent vers 9h00.

 

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A 6h00, le 1° bataillon se porte en avant; il reçoit plusieurs projectiles d'artillerie lourde et, à 10h00, il occupe Clézentaine, dont il organise la défense. Il ne déplore aucune perte.                                                                     

Les 2 autres bataillons sont positionnés à l’extérieur du village, sur la rive droite du ruisseau de Clézentaine.


Mais très vite, le recul de la 15° DI, qui intervenait un peu plus au nord, va laisser la 16° seule en flèche dans cette offensive. Elle ne peut tenir et doit se replier.
A 11h00, le commandant de la 15° division informe le commandant du corps d’armée que ses troupes "sont en pleine retraite et ont dû évacuer Mattexey sous un feu épouvantable d’artillerie". Les unités, en désordre, traversent Clézentaine avec le soutien du 29° RI positionné au sud du village.

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Maud’huy ajoute "ma position est très critique si je ne suis pas secouru". A midi, c’est tout le 8° corps qui bat en retraite.
A 13h50, la division continue son mouvement de retraite, et le général Castelli (8° corps) demande à ses divisions de s’arrêter, et de tenir. Finalement le mouvement de recul s’atténue, et au soir, la division retrouve ses emplacements de la veille.
De son côté, le 29° a reçu, à 19h00, l’ordre d’évacuer Clézentaine et de venir cantonner à Moyemont (1° et 3° bataillons) et Fauconcourt (2° bataillon).

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Mercredi 26 août

 

SHDGR__GR_26_N_604__001__0017__TIl est 6h00 quand le régiment reçoit l’ordre de retourner à Clézentaine occuper les positions tenues la veille au soir.


A 7h30, le 1° bataillon occupe le village, le 3° couvre une ligne allant de Clézentaine au bois de Fays, et le 2° se tient en réserve au sud-ouest de la localité.
A 8h00, des patrouilles de Uhlans, fortes d’environ 60 hommes, sont signalées vers Deinvillers, au nord-est de Clézentaine.


A 9h00, quelques fantassins ennemis débouchent de Deinvillers et du bois de Corres situé à proximité. Ils sont bientôt rejoints par des troupes en plus grand nombre qui ouvrent le feu sur les éléments du I/29° situés aux abords du village. Les 1° et 4° compagnies engagent le combat. Nos lignes sont violemment battues par l’artillerie ennemie, mais l’attaque ne progresse que très lentement.


A 11h30, le bataillon reçoit l’ordre de tenir jusqu’au dernier homme !
A 14h00, la canonnade s’abat sur Clézentaine, protégeant une nouvelle attaque d’infanterie qui débouche du bois de Fays, soutenue par 2 mitrailleuses; les échanges de coups de feu s’intensifient sur tout le front du 29° ; l’attaque échoue mais les hommes manquent de munitions. Ils sont réapprovisionnés à 15h15, en même temps qu’ils reçoivent le renfort d’une section de la 9° compagnie. Un officier d'état major de la 25° DI rapporte avoir aperçu des sections de mitrailleuses du 29° "égarées vers St Maurice".


A 15h30, le régiment reçoit le renfort d’une compagnie du 13° RI et d’une compagnie du 32° chasseurs. La fusillade reprend ; le village reste entre les mains de ses défenseurs et, à 20h00, ordre est donné d’y cantonner. L’ennemi occupe Deinvillers, qui subit les tirs de notre artillerie.

deinvillers


Les pertes de la journée sont énormes pour le 29°. Le JMO de la brigade fait état, pour le 29° RI, de 32 morts (55 sur MDH), 171 blessés et 379 disparus, celui du régiment annonce 28 morts, 180 blessés et 63 disparus, parmi eux beaucoup de prisonniers, dont certains décèderont des blessures reçues !!


Le JMO du groupe de brancardiers divisionnaires fait état de pertes importantes tant pour l’infanterie que pour l’artillerie. Des blessés sont abandonnés à Mettexey, qui seront relevés par les Allemands.

L'ennemi, de son côté, a également subi de lourdes pertes dues à notre artillerie; des prisonniers annoncent que certaines compagnies n'ont plus qu'une cinquantaine d'hommes en état de combattre !

Plusieurs hommes se sont rendus; ce sont des Alsaciens-Lorrains appartenant aux 138°, 174° et 97° régiments d'infanterie. Ils affirment que ces régiments comptent beaucoup d'hommes, issus des provinces annexées, qui ont manifesté l'intention de quitter leurs corps.

Jeudi 27 août

 

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Les ordres pour cette journée sont de s’établir solidement sur la rive gauche de la Mortagne.
Chaque bataillon du 29° RI occupe l’un des bois du secteur, face à la rivière.

Le 1° bataillon essuie des tirs d’artillerie qui l’obligent à se mettre à couvert, ne laissant que la 2° compagnie en première ligne, protégée par un talus de la ligne de chemin de fer. Très vite, les rafales battent l'espace occupé par cette compagnie qui, elle aussi, doit se replier par bonds successifs vers le bois des Corres.

L’ennemi n’est pas loin, et des prisonniers allemands déclarent que 3 régiments et 2 batteries se trouvent face à la 32° brigade.

Le régiment, qui compte encore 12 tués ce jeudi, reçoit un renfort de 1000 hommes, des réservistes !     

Depuis le début de la campagne, au 29°, 11 officiers ont été tués, ainsi que 293 hommes.

           

     Vendredi 28 août         

La 32° brigade, qui se trouve depuis plusieurs jours en 1° ligne, reçoit l’ordre de rester sur ses positions de la veille.

Un peu plus à l’est, dans le secteur de Xaffévillers, les hommes du 29° entendent une forte canonnade, effectuée en soutien de l’offensive menée par le 13° CA (25° DI), appuyée par des éléments de la 31° brigade (16° DI).

A 17h00, le groupe de brancardiers divisionnaires se rend sur Deinvillers où de nombreux blessés sont signalés. En plus des Français trouvés sur place, le groupe procède à l’évacuation d’un poste de secours allemand situé dans l’église du village, et où se trouvent 10 blessés.

A 19h00, le régiment reçoit l’ordre d’aller cantonner à Fauconcourt ; la 31° brigade passe en 1° ligne.

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Le génie et le service de santé du 8° corps participent à l’assainissement du champ de bataille. Les morts sont relevés, identifiés lorsque cela s’avère possible (le JMO note que "la décomposition cadavérique très avancée rend assez difficile ce genre de travail"), puis ensevelis dans les tranchées creusées à cet effet. "250 cadavres sont inhumés, tant Allemands que Français, dont plusieurs officiers".

 

Samedi 29 août

L'ordre général d'opérations n° 45 du général commandant le 8° corps prescrit la continuation de l'offensive "qu'il faut entretenir à tout prix et avec la dernière énergie, pour durer et gagner le temps nécessaire à nos succès par ailleurs".

A 7h00, le 2° bataillon est placé en réserve de division au bois de Chauffour, et le reste du régiment reste sur ses positions.

A 20h00, le général commandant la 16° DI demande que l'eau des fontaines et des sources soit examinée, et que des pancartes soient placées sur les alimentations en eau douteuses.

Le groupe de brancardiers divisionnaires profite de cette relative accalmie pour procéder à l'évacuation de blessés dans les différentes ambulances.

 

 Dimanche 30 et lundi 31 août


Le régiment reste sur ses positions.

A 17h15, le dimanche 30, le commandant de la division rapporte au général commandant le 8° CA que la canonnade continue, notamment l'artillerie lourde allemande, "j'gnore les pertes subies, mais elles doivent être assez fortes".

 

Mardi 1° et mercredi 2 septembre

Le régiment est placé en alerte, sans intervenir.

Il se compose de 2890 hommes et 210 chevaux.

Des travaux sont entrepris pour renforcer les positions tenues.

La division relèvera la 31° dans la nuit du 2 au 3 septembre sur la rive droite de la Mortagne. Le 29° remplacera le 95° entre 2 et 3h00. Des agents de liaison des 2 régiments doivent se rencontrer pour préparer cette rélève à 15h00 le 2 septembre. Le 29° enverra un capitaine pour l'état major du régiment, 1 officier par bataillon et 1 sous-officier par compagnie. Les agents de liaison du 95° indiqueront les emplacements et le rôle que les unités du 29° auront à tenir, et les guideront vers l'emplacement de chaque compagnie.

 

Jeudi 3 septembre

La relève s'est effectuée sans incident.

Le 2° bataillon occupe les bois des Corres, le 3° le bois du Haut de Corbe, le 1° est en réserve à Deinvillers.

Si le 13° RI subit une attaque ennemie et une forte canonnade, la journée est relativement calme pour le 29°, qui en profite pour effectuer des travaux de consolidation des tranchées.

Le général de Maud'Huy, qui commandait la 16° division, est nommé commandant d'un corps d'armée; le colonel Reibell, commandant la 31° brigade, est provisoirement chargé du commandement de la division.

 

Vendredi 4 septembre


Aujourd'hui encore le régiment reste sur ses positions et améliore les tranchées. La 4° Cie est en soutien d'artillerie. Vers 6h00, elle est repérée par un avion allemand et subit une brève canonnade qui blesse grièvement un homme. Le commandant de compagnie ordonne de se déplacer d'une centaine de mètres vers la droite de son emplacement initial.

Le JMO indique "aucun incident".

Le groupe de brancardiers divisionnaires, basé à Fauconcourt, se rend à Deinvillers pour évacuer le poste de secours du 29° RI où il prend en charge 9 blessés et éclopés qui sont ramenés à l'ambulance n° 8 à Fauconcourt.

Les 97°, 131° et 138° régiments d'infanterie ennemis sont identifiés sur des cadavres dans le secteur du Bois des Aulnes, au sud-est de St Pierremont; découverte également de cadavres et de chevaux morts du 12° régiment d'infanterie.

 

Samedi 5 septembre


2 des compagnies du 3° bataillon qui occupe le bois de Corbe sont ramenées sur Clézentaine en réserve de brigade.

Ordre est donné à la brigade, qui continue d'être régulièrement canonnée,  d'opposer "un barrage inviolable" à toute tentative ennemie dans le secteur qu'elle tient, soit un front de 5 km.

 

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De nouveau, les brancardiers divisionnaires interviennent pour dégager les postes de secours des 13° et 29° RI. Le JMO de cette unité annonce la mort, en cours de route, d'un blessé grave (écrasement de la cuisse par éclat d'obus) recueilli à Deinvillers; il s'agit du soldat Jacquot, seul mort du jour pour le régiment (cf fiche MDH).   

De son côté, le service de santé de corps d'armée poursuit les inhumations des morts des combats de fin août dans la région de Clézentaine. Pour cette journée, ce service a inhumé 119 soldats français (tous identifiés sauf 2), et 105 soldats allemands.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 6 septembre


Le régiment reste sur ses positions.

L'activité ennemie sur le front de la 32° brigade reste cependant soutenue face au 13° RI, proche du 29°; la 1° brigade du 1° corps bavarois, et la 4° division d'infanterie bavaroise sont identifiées dans le secteur de la 16° DI.

Une violente canonnade allemande fait craindre une attaque de nuit; des précautions sont prises, mais l'attaque ne se produit pas. 4 hommes du 29° RI sont cependant blessés par éclats d'obus, et ramenés par les brancardiers divisionnaires.

Le service divisionnaire de santé s'inquiète des conditions de vie des troupes. "Elles se relèvent tous les 2 ou 3 jours, mais souffrent beaucoup de l'humidité et de la mauvaise nourriture...Une surveillance rigoureuse est exercée sur l'eau qui ne paraît pas toujours de bien qualité, et dont l'ébullition est prescrite. Veiller sur le nettoyage régulier des cantonnementslongtemps occupés, et sur l'établissement et la bonne tenue des feuillées". Le service dit constater des cas de diarrhées de plus en plus fréquents !


Lundi 7 septembre

Des reconnaissances sont poussées dans l'après-midi et constatent que si les villages alentour sont toujours occupés, il semble que les Allemands sont moins confiants, et que les tirs d'artillerie notamment ont été presque insignifiants  au cours de la journée.


Entre 22h00 et minuit, la division est relevée par la 31°, le 29° étant remplacé, sur ses positions, par le 85° RI. Au soir, les cantonnements du 29° sont Fauconcourt pour le 1° bataillon, St Genest pour les 2 autres.

3 hommes malades ont été évacués par les brancardiers divisionnaires sur l'ambulance n° 8 à Fauconcourt.

Mardi 8 septembre

Le général de Montdésir prend provisoirement le commandement de la 16° division.

Les ordres pour la journée sont de tenir et de renforcer les positions. 

A 18h15, un ordre prescrit une attaque pour le lendemain, à 2h30, menée par les 8° et 13° CA sur Domptail. Dans un premier temps, l'objectif assigné à la 16° DI est St Pierremont, puis Domptail.

 

Mercredi 9 septembre

La 1° Armée doit reprendre l'offensive pour empêcher l'ennemi d'opérer des retraits.

Pour la 8° DI, c'est la 31° brigade qui passera à l'attaque à 2h30, avec comme objectif St Pierremont.
La 32° brigade doit occuper le rive gauche de la Mortagne, et le 29° reçoit l'ordre de se rendre sur la hauteur au sud de Clézentaine (2 bataillons), et à la corne sud-ouest du bois du Fays. Ce mouvement devra s'opérer entre 2h30 et 3h00; à 6h00, les troupes sont en place aux emplacements qui leur ont été assignés.

L'attaque de la 31° brigade échoue, et la 32° reçoit l'ordre de la renouveler à 8h00.

A 7h45, le 29° vient relever le 85° RI dans ses positions.

A 10h00, le régiment est informé d'un ordre pour une attaque sur St Pierremont qui aura lieu à 13h00. A 11h00, cette attaque est annulée. Les hommes sont ravitaillés en munitions

Vers 18h30, le 29° reçoit l'ordre d'aller occuper les positions tenues par le 13° CA qui se retire, dans le secteur de Xafévillers et Saint-Maurice.

Au soir, les troupes sont réparties sur les hauteurs et les tranchées de ce secteur.

Dans la nuit, 5 blessés du régiment sont amenés à l'ambulance divisionnaire à Fauconcourt.

 

Jeudi 10 septembre

Les ordres pour la journée sont de se maintenir sur les positions occupées, de les renforcer, et de maintenir un attitude agressive envers l'ennemi.

Le poste de secours du régiment, installé à St Maurice est évacué par les brancardiers divisionnaires qui n'y trouvent qu'un malade.


Vendredi 11 septembre

SHDGR__GR_26_N_604__001__0023__TL'ennemi se retire devant le groupement des Vosges (région de St Dié); le 29° reçoit mission d'attaquer Xafévillers et de pénétrer dans le bois du Grand Bois où il devra tenir une tête de pont entre les deux ruisseaux. C'est au 1° bataillon qu'échoit cette mission. Il sera épauler par une batterie d'artillerie, qui ira s'installer vers la Grande Pucelle.

L'heure H est fixée à 16h00, mais le retard pris par la batterie d'artillerie pour s'installer, du fait du mauvais état des chemins et des sous-bois qui rend difficile, voire impossible, le déplacement des pièces, contrarie l'entrée en action du régiment qui stoppe bientôt sa progression.

A 18h00, le commandant de Belenet informe le général commandant la division que l'artillerie n'a toujours pas trouvé d'emplacements d'où elle pourra battre Xafévillers, village fortement fortifié et fortement occupé d'après des renseignements recueillis. "Je ne puis songer à l'attaquer avec ma seule infanterie".

A 18h20, l'artillerie ouvre enfin le feu, mais elle est gênée par la nuit qui commence à tomber, et elle craint de ne pouvoir atteindre le village.De Belenet envoie une reconnaissance sur Xafévillers, et annonce que si celle ci échoue, il restera sur place, attendant les ordres. Finalement, l'ennemi évacue le village, et la compagnie partie en reconnaissance l'occupe à 23h00. Seule une partie de l'objectif est atteint, et le 29° reçoit l'ordre de poursuivre son offensive le lendemain.

 

Samedi 12 septembre

Il se confirme que l'ennemi se replie vers St Dié.

Les hommes du 1° bataillon sont restés en position toute la nuit, sous une pluie diluvienne et sans ravitaillement.

Au matin, le 2° bataillon reçoit l'ordre d'aller relever le 1° bataillon; à 8h30, il est à la lisière nord du bois du Grand Bois; il n'essuie aucun coup de feu. Poursuivant une progression vers le nord, il est à Domptail à 10h15, rejoint par le 3° bataillon, puis par le 1°.

A 11h00, le commandant de Belenet rend compte que le secteur Xafévillers/Fontenoy-la-Joûte est libre; ordre lui est donné de poursuivre sa progression vers l'avant, et de stationner dans des carrières et des bois, face à ce secteur.

Les hommes sont épuisés; ils viennent de passer 2 nuits, sans dormir, dans des tranchées pleines d'eau.

2 hommes du 29° ont capturé 3 pigeons; en récompense, ils recevront une prime de 100 francs.

La 32° brigade se retire de Domptail, et marche en direction de Fontenay-la-Joute, vers les rives de la Meurthe. C'est maintenant le 13° RI qui est en avant garde et qui marche sur Fontenoy et Azerailles, le 29° "doit suivre le mouvement", et cantonner à Fontenoy.

Les services de santé, qui effectuent le même trajet vers Domptail, signalent que les positions ennemies sont totalement abandonées, et indiquent avoir vu, notamment dans le secteur de Xafévillers, de nombreux cadavres d'hommes et de chevaux dans un état de putréfaction avancée.

 

Dimanche 13 septembre

Un détachement constitués d'éléments des 13° et 134° RI, d'un escadron divisionnaire et d'une batterie d'artillerie, placé sous les ordres du colonel Marié, commandant la 32° brigade, doit s'établir sur la rive gauche de la Meurthe pour résister à l'ennemi et couvrir les cantonnements du 8° corps d'armée qui passe en 2° ligne.

Le 14, le régiment est transporté vers Bannoncourt où il s'installe.

Depuis le début des hostilités, le régiments a perdu 357 hommes, morts ou disparus, plusieurs centaines de blessés et de prisonniers.

 

  

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04 mai 2021

Alphonse AGIER

Agier

Alphonse Augier est né le 5 novembre 1894 à 21h00 à Allouis (Cher).

Jean, son père, âgé de 46 ans, est cultivateur; Catherine, née Suvy, sa mère, âgée de 34 ans, est ménagère.

Il est appelé pour effectuer son service militaire le 3 septembre 1914; il demeure alors à Arçay (Cher) où il est cultivateur.

Il est affecté à la 4ème compagnie du 29ème régiment d'infanterie où il servira pendant toute la durée de la guerre, participant à toutes les campagnes.

Il est décoré de la Croix de Guerre avec étoile de bronze après avoir été cité à l'ordre du régiment :"bon soldat, belle attitude au feu, s'est particulièrement distingué pendant les opérations actives d'août, septembre et octobre 1918".

Il est démobilisé le 8 septembre 1919, et se retire 1 rue Jean Chaumeau à Bourges, avant de regagner Arçay en 1921; le 11 octobre il épouse, dans cette même commune, Rosine Louise Pagin, avec laquelle il aura 5 enfants.

Alphonse Augier sera conseiller municipal puis adjoint au maire d' Arçay où il décède le 27 mars 1968.

 

 

 

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10 février 2021

Jean Marie Philibert Victurnien de FOLLIN, marquis de LAGUICHE

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Jean Marie Philibert Victurnien, marquis de Laguiche, est né le 9 juillet 1889 au domicile de ses parents, 10 rue d'Astorg, à Paris 8ème arrondissement.

Il est le fils de Pierre Adolphe Henri Victurnien, comte de Laguiche, âgé de 30 ans, diplomé de Polytechnique, lieutenant au 32ème régiment d'artillerie, futur général de brigade, attaché militaire à Saint Pétersbourg, et de Alix Jeanne Marie d'Arenberg, princesse d'Arenberg.

Il fait de bonnes études, obtient le baccalauréat en lettres; il parle anglais et allemand.

 

Le 5 octobre 1910 il s'engage, à Chalons-sur-Marne, pour 4 ans au 152ème régiment d'infanterie, et intègre l'école militaire de Saint-Cyr le 17 septembre 1910, promotion de la Moskova.

Il en sort sous-lieutenant nommé au 29ème régiment d'infanterie le 13 juillet 1913, devient lieutenant le 1er octobre 1914, promu capitaine le 24 septembre 1916.

Il est blessé au Bois d'Ailly (Meuse) le 23 avril 1915 lors d'une attaque pour enlever une tranchée ennemie de première ligne; il reçoit des éclats d'obus qui lui occasionnent des plaies à la cuisse et à l'épaule droite. Il est cité à l'ordre du 8ème corps d'Armée : "le 23 avril, au Bois d'Ailly a vigoureusement porté sa compagnie à l'attaque des tranchées ennemies dont il s'est emparé. A été blessé au cours de l'action".

Il quitte le 29ème RI le 24 juillet 1916 pour le 167ème RI.

Le 16 mai 1918 il épouse, à Saint-Bonnet-de-Joux (Saône et Loire), Myriam Valentine Berthe Hélène Fleury; le couple aura 5 enfants; Claude, né le 16 avril 1922 , lieutenant de la 2ème DB, tombera le 11 août 1944 dans la Sarthe. Il est Mort pour la France.

Les 2 et 3 juin 1918, à la tête de la 6ème compagnie, Jean Laguiche participe à une contre attaque dans le secteur du chateau de Moncreux (Somme); les combats sont violents, mais il parvient à conserver intactes ses positions, et à infliger des pertes à l'ennemi; il reçoit une citation à l'ordre de l'Armée.

Il est décoré de la Croix de Guerre avec 1 palme et une croix de vermeil.

Il entre, le 25 octobre 1918 au centre d'état-major de Melun où il  va suivre des cours jusqu'au 29 mars 1919; il est reconnu "particulièrement apte au service des 2èmes bureaux".

Il devient Chevalier de la Légion d'Honneur le 16 juin 1920

Jean Laguiche est promu chef de bataillon le 20 juin 1933;

Entré en résistance, il est arrêté le 18 juin 1944 et déporté à Buchenwald le 17 août 1944; il est affecté à un kommando chargé d'installer une usine d'armement dans une ancienne mine de sel; l'évacuation du camp commence le 14 avril 1945 dans des conditions épouvantables; les blessés et malades sont achevés par les SS à Schildau.

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Jean Laguiche est du nombre.

Son nom, ainsi que celui de son fils Claude, figurent sur une plaque au cimetière parisien de Picpus.

 

 

 

 

 

sources: généanet; mémoire des hommes.

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